Band 
Tome VI.
Seite
214
JPEG-Download
 

X14 HISTOIRE DE POLYBE,

plus d’être transmise à la postérité. D’abord pleins de confiance enleurs forces, ils repouslerent vivement les premières approches du Roide Macédoine. Du côté de la mer, les machines ne pouvoient appro-cher qu’elles ne fussent aussitôt démontées par les balistes , ou consu-mées par le feu. Les vaisseaux mêmes qui les portoient étoient en pé-ril, & les affiégeans avoient toutes les peines du monde à les sauver.Du côté de la terre les Abydéniens se défendirent aussi quelque ternsavec beaucoup de valeur, & ils ne désespéraient pas même de rebuterles ennemis. Mais voiant la muraille extérieure sappée, & que les Ma-cédoniens pouíloient leurs mines fous l'intérieure qu’on avoit élevée pourtenir la place de l’autre, ils envolèrent Iphiade & Pantanocte pourtraiter avec Philippe de la reddition de leur ville, à ces conditions»que les troupes qui leur avoient été envoiées par les Rhodiens & patAttalus retourneraient à leurs maîtres fous fa sauve-garde, & que 1 £Spersonnes libres se retireraient où elles voudraient, & avec les habitfqu’elles avoient fur le corps. Philippe leur aiant répondu que les Aby-déniens n’avoient qu’un de ces deux partis à prendre, ou de se rendreà discrétion, ou de continuer à se défendre vaillamment, les Ambassa-deurs se retirèrent. Sur leur rapport, les assiégez au désespoir s’al-semblent & délibèrent fur ce qu’ils avoient à faire. II fut résolu pre-mièrement qu’on donnerait la liberté aux esclaves pour les animer à bdéfense de la ville : en second lieu qu’on renfermerait toutes les fem-mes dans le Temple de Diane, & tous les enfans avec leurs nourri-ces dans le Gymnase : ensuite que l’on rassemblerait tout ce qu’il y aVO jtdans la ville d’or &c d'argent dans la place, & tout ce qu’on avoit d’aU-tres effets précieux dans la quadriréme des Rhodiens & dans la trirè-me des Cyficéniens. Cet avis aiant passe tout d’une voix, on fit eN-core une autre assemblée, où l’on choisit cinquante des plus ancie^Sc des plus graves citoiens, assez vigoureux cependant pour exécutéce qui serait résolu, & on leur fit prêter serment en présence de to^les lîabitans, que dès qu’ils verraient l’ennemi maître de la muraisintérieure, ils égorgeraient les femmes Sc les enfans, mettraient leaux deux galères chargées des effets, Sc jetteraient dans la mer ro^l’or Sc tout l’argent ramasse. Ensuite aiant appel lé leurs Prêtres ilsrérent tous ou qu’ils vaincraient, ou qu’ils mourraient les armes à £main: Sc après avoir immolé des victimes, ils obligèrent les Prêtres &les Prêtresses de prononcer, des autels, mille exécrations contre ee^qui manqueraient à leur serment. Cela fait on cesse de contremir> e 9Sc l’on prit la résolution, dès que la muraille serait tombée, deporter fur la brèche & d’y combattre jusqu’à la mort. <

Après cela ne peut-on pas dire que le désespoir des Phocéens &fermeté des Acarnaniens sont au dessous du courage que les $démens témoignèrent en cette occasion? II est vrai que les Phocé^

i ot-