%í $ HISTOIRE DE POLYBE,
néfè seroit toujours dans l’oppreíïlon : que si l’on le laiílòit dans Chal-cis & dans le reste de l’Eubée, les Locriens, les Béotiens Sc les Pho-céens n’auroient rien à espérer: qu’enfin ç’en étoit fait aussi de la liber-té des Thessaliens Sc des Magnétes, si l'on souffroir que Philippe &ses Macédoniens restaílènt dans Démétriade: que quand ce Roi offroitde sortir des autres endroits, ce n’étoit que dans le dessein d’éluder jpour le présent leurs poursuites : que maître des païs, dont on avoirparlé, il remettroit les Grecs fous le joug le plus aisément du monde& le jour qu’il lui plairoitj qu’il ne leur restoit donc plus qu’à prie?le Sénat, ou de réduire Philippe à sortir des places qu’on lui avoirmarquées, ou de laisser les choses dans l’état où elles étoient, Sc decontinuer la guerre contre ce Prince avec vigueur: résolution que le Sé-nat devoir d’autant moins hésiter de prendre, que le plus fort de cet-te guerre étoit terminé, puisque les Macédoniens avoient déja perdudeux batailles fur mer, Sc que fur terre toutes leurs munitions étoientconsumées. Ils conclurent en suppliant le Sénat de ne pas permettsque les Grecs eussent espéré en vain de rentrer dans leur ancienne li-berté , Sc de ne pas se priver lui-même, s’ils y rentrent, du glorieu*titre de Libérateur, qu’il doit attendre de leur reconnoislànce. Aprèseux, les Ambassadeurs de Philippe sembloient disposez à faire une lon-gue harangue, mais on leur ferma d’abord la bouche. Interrogez s’d sse retiroient de Chalcis, de Corinthe Sc de Démétriade , ils répondi-rent qu’ils n’avoient point reçu d’ordre à ce sujet, Sc les reprochéqu’on leur en sit leur imposèrent silence.
Le Sénat envola dans les Gaules les deux Consuls, comme nous di-sions tout à l’heure, Sc il fut réglé que l’on continuerait la guerre con-tre Philippe, Sc que Flaminius ferait chargé des affaires de la Gré#Ces nouvelles portées chez les Grecs, firent que tout ensuite réussit m'gré de Flaminius. On peut dire que la fortune ne contribuoit que fo (tpeu à son bonheur. II n’en étoit redevable qu’à la prudence avec la-quelle il conduisoit toutes ses entreprises > habile & intelligent autantqu’autre Romain l’ait jamais été, Sc gouvernant les affaires de fa Ré-publique Sc les siennes propres avec tant d’adreslè Sc de dextérité, q 11 ’ 1n’avoit pas son égal. Alors cependant il étoit encore très-jeune, ciíil n’avoit pas plus de trente ans. II est le premier qui ait passé av#une armée dans la Gréce.