-.46 AMBASSADES DE POLYBE,
R oi. des ordres que lui avoit donnez le Général des Carthaginois. Hié-ronyme, qui étoic déja disposé à se lier avec cette République, dit àAnnibal qu’il falîoit au plutôt qu’il partît pour Carthage, & prom'-td’y envoier avec lui des Ambassadeurs pour traiter de ia part avec lesCarthaginois.
On apprend à Lilybée les nouvelles de cette alliance. Le Préteur»qui y étoit de la part des Romains, députe auílìtôt au Roi de Syra-cuse pour Tengager à renouveller les Traitez que ses ancêtres avoientfaks Avec Rome. Le Prince ne goûtoit point cette Ambassade. ” Je„ plains fort le fort des Romains , répondit-il, il est- fâcheux qu'tM„ méchant peuple soit taillé en pièces en Italie par les Carthaginois-Les Ambassadeurs étonnez d’une réponse si peu sensée , lui deman-dèrent sur la foi de qui il parloit de la sorte: " C’est, dit-il, sur la„ foi des Carthaginois que vous voiez , convainquez les de m’avoir„ accusé faux. Les Ambassadeurs répliquèrent que ce n’étoit pas lacoutume des Romains d’ajouter foi au rapport de leurs ennemis»qu’au relie ils lui conseilloient de ne pas enfraindre les anciens Trai-tez, & que non seulement la justice, mais encore son propre intérêtdemandoient de lui qu’il les observât fidèlement. " Je délibérerai là-„ dessus, reprit le Roi, .& je vous ferai íçavoir ma dernière réíòlu-„ tien. Mais dites-moi , je vous prie, pourquoi avant la mort de„ mon aieul vous êtes revenus à Syracuse, après que vous en étiez par-„ tis avec cinquante vaisseaux, & que vous étiez même arrivez aupro-„ monte ire de Pachin. En effet les Romains, quelque tems avaíkcette Ambassade, aiant entendu dire qu’Hiéron étoit mort, étoient re-venus à Syracuse, dans la crainte que le peu de respect qu’on aurotípour un Roi enfant ne donnât lieu à quelques nouveautez, & infor-mez ensuite qu’Hiéron vivoit, avoient repris la route de Lilybée. Le sAmbassadeurs avouèrent le fait, & dirent qu’en revenant à Syracuse!^n’avoient eu d’autre dessein que de secourir sa jeunesse & de lui conser-ver son Roiaume. " Et bien, répliqua le Roi, souffrez donc, R§"„ mains, que pour me conserver le Roiaume, je change de route #„ que je me rejette du côté des Carthaginois. Aces mots, les Am-bassadeurs ne doutant plus qu’il n’eût pris son parti, prirent congésen Srien répondre , retournèrent à Lilybée, & apprirent au Préteur touteequ’ils avoient entendu. Depuis ce tems là les Romains épièrent les démar-chés de ce Prince, & s’en défièrent comme d’un ennemi déclaré.
Hiéronyme aiant choisi pour ses Ambassadeurs auprès des Carthag 1 'nois Agatharque, Onégisene & Hipposthëne, il les fit partir avec An-nibal de Carthage, êc leur ordonna de faire un Traité avec la Répu-blique, qui portoit : ” Que les Carthaginois lui fourniroient des tro^,, pes de terre & de mer, & qu’après avoir, avec leur secours, cfaf"
„ íé les Pvomains de la Sicile, il partagerait avec eux l’Iste de tel » 6
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