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Tome VI.
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AMBASSADES DE POLYBE.

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x l i v.

Cruauté de Thilippe à ìégard des Maronites. Benvoie son fils C Demetrius à Rome.

Q Uand Philippe eut appris de ses Ambasladeurs, qui íui avoient, été renvoiez de Rome, qu’il falloit absolument qu’il vuidât les' villes de la Thrace , irrité jusqu’à la fureur de voir de tous lescotez fa domination resserrée , il déchargea fa rage fur les habitansde Maronée. Par son ordre , Onomaste qui avoir le Gouvernementde la Thrace, l’étant venu trouver, ils concertèrent ensemble la cruellevengeance qu’il avoit projettée. Caslàndre avoit vécu Iongtcms danscette ville, Sc y étoit fort connu. C’etoit aísoz la maxime de Philipped’envoier ses Courtisans dans les villes pour accoutumer les habitans àles y voir. Ce Caíïàndre fut l’homme dont se servit Onomaste pourexécuter la barbare ordonnance du Prince. II fit entrer de nuit uncorps de Thraces dans la ville, qui firent main basse fur les citoiens Scen massacrèrent un grand nombre. Philippe ainsi vengé de ceux quissétoient pas de fa faction, attendoit tranquillement Parrivée des Com-missaires, persuadé que personne n'auroit la hardiesse de fe déclarer sonaccusateur. Quelque tems après arrive Appius, qui bientôt informédu traitement fait aux Maronites , en fait des vifs reproches au Roide Macédoine, qui soutint qu’il n’avoit point de part à ce maílàcre,Sc qui le rejetta fur une émotion populaire. Les uns, dit-il, inclinantpourEuméne, les autres pour moi, la querelle s’échauffa, &ils s’égor-gérent les uns les autres. II porta la confiance jusqu’à ordonner qu’onamenât devant lui quiconque voudroit l’accuser. Mais qui auroit oielc faire ? La punition auroit suivi de près, 6c le secours qu’on auroitpû attendre des Romains étoit trop éloigné. II est inutile , lui ditAppius, que vous vous excusiez , je sçai ce qui sauteur. Ce mot jetta Philippe dans de grandesPoussa cependant pas la chose plus loin dans cette première, entrevue.^4 ais le lendemain Appius lui commanda d’envoier fans délai Ono-ipaste 8c Cassandre à Rome , pour être interrogez par le Sénat fur lefait en question. A cet ordre Philippe changea de couleur, chan-cela , hésita longterns à répondre. Enfin il dit qu’il envoieroit Caf-*andre , auteur du massacre, à ce que les Commissaires croioientjpais il s’obstina à retenir auprès de soi Onomaste, qui, difoit-il > étoit11 peu à Maronée dans le tems de cette sanglante tragédie, qu’il n’étoitpas

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’est passé & qui en estinquiétudes. On ne