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Tome VI.
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AMBASSADES DE POLYBE. 305

Sénat, après l’avoir écouté quelque tems, répondit, que íi les Dépu-tez , en arrivant dans la Macédoine, ne trouvoient pas ses ordres exé-cutez & toutes les villes de Thrace remises au Roi de Pergame, il au-roit raison de cette déíòbéiíïance, 8c ne souffrirait pas qu on l’amusâtplus longtems par des promesses frivoles. II paraît de là que si l’indi-gnation des Romains n’éclata point alors contre Philippe, ils ne fu-rent arrêtez que par la présence du Prince son fils. Mais si cette Am-bassade lui fut avantageuse d’un côté, de l’autre elle ne contribua paspeu à la ruine entiére°de la Maison de Macédoine. La grâce que lejeune Demetrius avoit obtenue du Sénat lui enfla le cœur. Perfée íbnfrère & Philippe conçurent une jalousie furieuse de la préférence qu’onavoit donnée sur eux au jeune Prince. Leurs soupçons furent considé-rablement augmentez par la conversation secrète qu’eut avec Deme-trius je ne sçai quel inconnu, qui lui fit entendre que bientôt les Ro-mains le mettraient fur le trône de Macédoine, 8c qui en meme temsécrivit à Philippe qu’il étoit important pour lui d envoier une secon-de fois à Rome son fils Sc ses amis. Ces deux incidens vinrent fortà propos à Perfée pour engager Philippe à consentir à la mort deDemetrius. Nous verrons dans la fuite de quelle maniéré l’arrêt en futexécuté.

Les Ambassadeurs des Lacédémoniens entrèrent après ceux d’Eumé-ne. Quelques-uns demandèrent que leurs bannis fuflènt remis en liber-té, & qu’on leur rendît tous les biens qu’on leur avoit ôtez au temsde leur exil. Mais A.rée 8c Alcibiade dirent que c’étoit aísez qu’on leuren rendît la valeur d’un talent, 8c qu’il faloit en partager le reste entreles citoiens qui étoient les plus utiles à l’Etat. Un autre Député, c’é-toit Serippe , demanda que la République fût rétablie dans la formede gouvernement qu’elle avoit, lorsqu’elle étoit du corps des Achéens.Chafon prit la défense de ceux qui avoient été condamnez à mort oubannis par les Achéens. II sollicita le retour des exilez, Sc demandastue la République fût remise dans son premier état. Chacun d’eux a-v oit à l’égard des Achéens des vûes particulières, & parloir selon cesv ûes. Le Sénat ne pouvant élaircir tous ces différens, choisit trois ci-toiens qui avoient déja été députez dans le Péloponèse pour les mêmesaffaires, 8c qui étoient Titus , Quintius 8c Ctecilius. On plaida long-toms devant eux toutes ces causes, 8c l’on convint que les bannis re-tourneroient dans leur patrie, que ceux qui avoient été condamnez àmort l’avoient été injustement, 8c que Lacédémone continuerait d’êtredu corps des Achéens. Restoit à décider si l’on rendrait aux bannistous leurs biens, ou si l’on réduirait ces biens à la valeur d’un talent,mais c’est fur quoi l’on ne s’accorda point. A u reste afin qu’on netovint pas à disputer sur tous les points , on mit par écrit ce donton étoit convenu , 8c les Commissaires ordonnèrent que les partieslomé VI. Q.q si-