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Tome VI.
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AMBASSADES DE POLYBE.

Valloir le dernier Sénatusconsulte fait en faveur des Grecs. On voioitpar leurs discours que dans chaque ville ils connoiííoient parfaitementLc ceux qui ne prenoient pas le parti des Romains avec assez de cha-leur, Sc ceux qui y étoient sincèrement attachez. On s’appercevoitmême qu’une simple tiédeur à embrasser leurs interets, les choquoitautant que si l’on y eût été tout-à-fait contraire : de façon qu’on nefçavoit pas trop quelles mesures l'on devoit prendre pour ne pas sefaire d’affaires avec eux. Dans le Conseil qui se tint pour euxàEgium,ons’attendoit, au moins le bruit en avoit couru, qu’ils accuseraient 8cconvaincroient Lycortas, Archon 8c Polybe d’être opposez aux des.seins des Romains , Sc que si pour le présent ces Achéens ne brouil,loient pas, ce n’étoit pas qu’ils fussent naturellement paisibles, maisparce qu’ils attendoient quelque incident qui leur en donnât l’occasion.Us n’en firent cependant rien, faute de prétexte raisonnable. Ils secontentèrent d’exhorter civilement les Achéens à rester fidèles à laRépublique, Sc passèrent ensuite en Etolie.

A Therme , on leur convoqua une nouvelle assemblée, où ils firentUn long discours qui ne fut qu’une honnête Sc douce exhortation. Leurbut dans cette assemblée étoit d’y demander des otages aux Etoliens.Dès qu’ils furent arrivez, Proandre se leva, fit un détail de quelquesservices qu’il avoit rendus aux Romains , Sc s’emporta contre ceuxqui l’avoient déservi auprès d’eux. Quoique Popillius n’ignorât pasque cet homme étoit contraire aux Romains, il ne laiíìa pas que dele louer Sc d’applaudir à tout ce qu’il avoit dit. Lycisque prit ensuitela parole. Dans l’accusation qu’il intenta, à la vérité il ne nomma per-sonne , mais il en fir soupçonner plusieurs, il dit que les Romainsavoient sagement fait d’emmener à Rome les principaux Etoliens, (c’é-toit Eupoléme 8c Nicandre qu’il entendoit,) mais qu’il restoit encore dansl’Etolie des gens qui entroient dans leurs desseins, qui agisloient deconcert avec eux, Sc contre lesquels il falloir prendre les mêmes pré-cautions , à moins qu’ils ne donnassent leurs enfans pour otages. Com-me cette accusation tomboit à plomb sur Archidame Sc Pantaleon, ce-lui-ci, après avoir en peu de mots reproché à Lycisque sa basse Sc hon-teuse adulation, se tourna vers Thoas, qu’il soupçonnoit avec d’autantplus de raison d’être auteur des calomnies dont on le chargeoit,qu’au dehors il ne paroissoit pas qu’ils fussent mal ensemble. II luirappella ce qui s’étoit passé dans le tems de la guerre d’Antio-chus, il se sic souvenir que si livré aux Romains il avoit recouvré fa li-berté, c’étoit lui Pantaleon 8c Nicandre qui lui avoient procuré ce bon-heur, lorsqu’il s’y attendoit le moins, enfin il donna tant d’horreur aupeuple pour l’ingratitude de ce personnage > que non seulement'J ne pouvoit dire deux mots fans être interrompu , mais qu’onPaccabloit de pierres. Popillius fit quelques plaintes de certe

Tt 2 vio-