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Tome VI.
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AMBASSADES DE POLYBE. 355

entraîné dans de grandes dépenses-, il craignit qu’on ne le soupçon-nât de favoriser Euméne dans l’efpérance de s’en attirer quelque grati-fication. Dans l’incertitude où étoit le Conseil j Polybe prit la parole,Sc pour faire plaisir à la multitude, il «'étendit beaucoup pour montrerque le Decret fait autrefois par les Achéens pour priver Euméne deshonneurs qui lui a voient été accordez, ne portoit pas qu on les luiôtât tous, mais seulement ceux où il y avoit de 1 exces, Sc ceux quiétoient contre les loix : que de purs démêlez personnels avoientporté Sosigéne Sc Diopithes Rhodiens, qui alors présidoient aux ju-gemens , à dépouiller le Roi de tous les honneurs qui lui avoientété décernez-, qu’en cela ils n’avoient pas seulement passé les bornesde leur pouvoir, mais bleste encore la bienseance Sc la justice. que siles Achéens avoient retranché les honneurs à Euméne, ce n’étoit pasqu’ils lui voulussent du mal, mais parce qu’il en demandoit plus quêses bienfaits ne lui en avoient mérité : que comme ses juges, fans é-gard à ce qui convenoit aux Achéens, n’avoient pense qu à satisfaireleurs ressentimens particuliers, les Achéens ne devant rien avoir plusà, cœur que leur devoir , étoient obligez de modérer les excès deces Magistrats Sc de réparer l’injure faite à Euméne , sçachant sur-tout qu’Attalus ne scroit pas moins sensible à cette faveur que leRoi son frère. Toute l’assemblée applaudit à ce discours, Sc il futordonné par un Decret que l’on rétabliroic Euméne dans tous ses hon-neurs , à moins qu’il n’y en eût de déshonorant pour la Républi-que ou contre les loix. C’est ainsi qu’Euméne , par la médiationd’Attalus, recouvra dans le Péloponèse les honneurs qu’il y avoit perdus.

L X X V.

‘Division dans le Conseil des Acarnaniens.

D Ans ce Conseil qui se tenoit à Thorium, /Eschrion, Glaucus,Chremés, tous trois amis des Romains, demandoient à Popil-iius qu’il mît des garnisons dans toutes les villes d’Acarnanie, parceque dans ces villes il se trouvoit des gens qui favorifoient le parti dePersée 8c des Macédoniens. Diogénes s’oppofoit fortement à ce senti-ment. 11 dit que les Romains ne mettoient de garnisons que chez leursennemis 8c chez les peuples qu’ils avoient vaincus, êc que les Acarna-niens n’étant à leur égard coupables d’aucune faute, il n’étoit pas justequ’on mît des garnisons dans leurs villes. Alors Chremés 8c Glaucus,pour affermir leur pouvoir, tâchèrent de détruire auprès du Romain lecrédit de leurs adversaires. Leur but étoit en attirant des garnisons,

Tt 3 d'ex>