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Tome VI.
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AMBASSADES DE POLYBE. -35;

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Nouvelle Ambajsade de la part de Ter fée vers Gentìus ,aujfi inutile que les deux premières.

L Es derniers Ambasiadeurs revinrent au Roi de Macédoine fansavoir rien fait de plus que les premiers, & fans apporter d’au-tre réponse. Gentius s’en tint à celle qu’il avoit déja donnée. II vou-loir bien fe joindre à Perfée, mais il dit que fans argent il ne pou-voit le faire. C’étoit justement ce que Perfée ne comprenoit pas,ou ne vouloir pas comprendre. Aussi, en envoiant Hippias pour trai-ter des conditions de l’alliance , ne dit-il pas un mot de l’argentque Gentius demandoit, 8c qui étoit le seul moien de fe rendre ceRoi favorable. Je ne íçai en vérité comment qualifier ce qui pré-cipite les hommes dans des fautes si grossières. Est-ce absence d’es-prit? Est-ce une fatalité qui les entraîne à leur perte? Pour moi jepanche à croire qu’il ne faut pas chercher ailleurs, que dans cette fa-talité, la raison pourquoi l’on voit des hommes , qui pleins d’unenoble ardeur pour les grands exploits & disposez à ies entrepren-dre , même au risque de leur vie , négligent ou refusent d’emploierle principal moien d’y réussir, quoique ce moien leur soit connu 8cqu’ils soient en pouvoir de le mettre en oeuvre. Si Perfée eût vouludonner , je ne dis pas des sommes considérables, comme il le pouvoit,mais une médiocre quantité d’argent aux villes, aux Rois, aux Chefsdes Républiques, pour fournir aux frais de la guerre, tous les Grecs& tous les Rois, au moins la plupart, fe feroient déclarez en fa fa-veur. C’est une vérité qu’on ne peut contester pour peu qu’on aitde sens commun pour juger des choses. II n’en a point donné, c’estun bonheur. Vainqueur, fa puissance feroit devenue formidable : vain-cu , il auroit enveloppé un grand nombre de peuples dans son malheur.Il a pris une route toute contraire, 8c par-là peu de Grecs fe fontressentis de fa mauvaise fortune.

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LXXVIII. 2^7