Band 
Tome VI.
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AMBASSADES DE POLYBE. z,.

X C V I I I.

Injustice des Athéniens à Végard des Haliartes.

I L étoit venu d’Athènes des Ambassadeurs à Rome pour prier queles Haliartes fussent rétablis dans leur premier état. N’ëtantpoint écoutez fur cet article, ils passèrent à un autre, 6c deman-dèrent qu’on les mit en possession de Delos, de Lemnos & du pais desHaliartes. Car leurs instructions portoient qu’ils feroient leurs efforts,ou pour obtenir le rétablissement de ce peuple, ou pour engager le Sénatà en donner la domination aux Athéniens. Comme ils s’étoient dejarendus maîtres des deux Iíles, on ne peut les blâmer d en avoir sollici-té la possession : mais qu’ils aient encore voulu que les Haliartes leurfussent attribuez, c’est ce que l’on aura peine à leur pardonner. Qu’onn’ait point aidé une des plus anciennes villes de la Béotie à fe relever8c à sortir de l’état malheureux où elle étoit réduite, c’est un grandMal: mais ç’en est encore un plus grand de l’effacer de la mémoire deshommes 8c de lui ôter toute espérance de íe rétablir jamais. ^ 11 ne con-venoit à aucun peuple de la Gréce de íè permettre un procede fi inju-ste, mais cela convenoit moins encore aux Athéniens qu’à tout autrepeuple. Ni loi ni coutume ne leur permettoit de faire de leur patrie lapatrie de tous les Grecs, 8c d’envahir les villes qui ne leur apparte-noient pas. Cependant le Sénat leur accorda Delos 6c Lemnos.

X C I X.

Les Rhodiens évacuent Canne & Stratonicée.

T Hëetéte introduit dans le Sénat íe pria de trouver bon que lesRhodiens fi fient alliance avec la République Romaine. MaisPendant qu’on remet de jour en jour à lui répondre, ce vieillard âgé deplus de quatre-vingts ans paia le tribut à la nature. Sur ces entrefai-tes arrivèrent à Rome les bannis de Canne 8c de Stratonicée, ils firentleurs plaintes devant le Sénat, 8c en obtinrent un Arrêt qui ordonnoicaux Rhodiens de retirer les garnisons de ces deux villes. Sur le champihilophron 8c Astyméde prirent le chemin de leur patrie, danslacrain-que les Rhodiens refusant de fe soumettre à cet ordre, n’attirassencUr eux quelque nouveau malheur..

C. Guív-