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Tome VI.
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étoit fur le compte des deux Rois; ce qui n’empêchoit pas qu’iín’aidât aux Gallo-Grecs à recouvrer leur liberté.

On fit entrer ensuite les Ambassadeurs de Rhodes. Astyméde estcette occasion se conduisit avec plus de prudence 8c de sagesse que dansl’Ambassade précédente. Sans accuser les autres, il se réduisis, com-me ceux qui sont châtiez , à prier que le supplice ne fût pas pl uSgrand. II dit que fa patrie avoit été punie au-délà de ce que fa fauteméritoit, 8c sit le détail des châtimens qu’elle avoit soufferts : que dé-pouillée de la Lycie & de la Carie, deux provinces contre lesquelles elle'avoit été obligée de soutenir trois guerres qui lui a voient coûté des som-mes immenses, elle avoit perdu les revenus que ces deux pais lui pr°'.duisoient. " Cependant, ajouta-t-il, nous souffrons ces deux pertes,, fans nous plaindre. Nous tenions de vous ces deux provinces»

„ vous étiez les maîtres de nous les ôter, dès que nous vous étions de-„ venus suspects. Mais Caune 8c Stratonice n’étoient point un pr e '

„ sont de votre libéralité. La première nous l'avions achetée dei$

„ cens talens des Généraux de Ptolémée , la seconde nous avoit été„ donnée par Antiochus 8c Séleucus, nous tirions de ces deux villes-, six vingt talens chaque année. Vous avez ordonné à nos troupes .„ de les évacuer, vous avez été obéis. Par-là vous nous avez traite^

„ plus rigoureusement pour une légére imprudence, que les Macédo-„ niens vos ennemis de tous les tems. Que dirai-je de l’exemtiost„ des péages que vous avez accordée à lìíle de Delos, & du tott„ que vous nous avez fait en nous ôtant la liberté d’ordonner de ce-, droit 8c de tous les autres revenus publics ? Autrefois nous tirions„ de ces péages un million de dragmes, & à peine en tirons-nous au-„ jourd’hui cent cinquante mille. Votre colère, Romains, comme„ un feu dévorant, à séché les sources d’où notre Isle tiroit ses pso S,, grandes richesses. Peut-être auriez-vous raison de ne vous paslaiíso-„ fléchir, si tous les Rhodiens étoient coupables & vous étoient com„ traires. Mais vous sçavez que ceux qui nous ont détournez de prem„ dre les armes sont en très-petit nombre, 8c que ce petit nombre m e '

„ me en a été sévèrement puni. Pourquoi donc garder une haine m 1 '

„ placable contre des innocens, vous surtout qui, à l’égard de tousl eS„ autres peuples, passez pour être les plus modérez 8c les plus générés„ des hommes? Rhodes, après la perte de ses revenus 8c de fa libers*

„ deux choses pour la conservation desquelles elle a essuié tant„ travaux 8c de peines, vous supplie aujourd'hui, Romains, de so 1„ rendre vos bonnes grâces. La punition que vous en avez tirée ég a ‘ c„ au moins fa faute, mettez enfin des bornes à votre vengeance. F al ”

„ tes connoítre à toute la terre, qu’adoucis en faveur des Rhodi en *

„ vous avez repris les sentimens d’amitié que vous aviez autrefois P°

„ eux. Cefl: uniquement dequoi Rhodes a maintenant besoin. ^ oU £

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