454 EXEMPLES DE VERTUS
tant pour empêcher que , manquant à leur devoir sur la sin de leursjours, ils ne perdent toute la gloire que leur vie paífée leur auroit a-quife.
Du tems de la guerre contre Perfée, il y eut trois sortes de person-nes que les Romains soupçonnèrent de ne leur être pas favorables. Lespremiers furent ceux, qui voiant à regret tout l’univers prêt à subir laloi d’une feule Puiílance, ni ne donnoient de secours ni ne s’opposoientLux Romains, mais abandonnoient les événemens à la fortune, &en. attendoient tranquillement le succès. La seconde claslè fut de ceux quivoioient avec plaisir la Macédoine aux mains avec la République Ro-maine, & qui souhaitoicnt que Perfée sortît victorieux de cette guerre jmais ne pouvoient inspirer leurs fentimens & leurs inclinations aux peu-ples qú’ils conduisoient. La troisième enfin fut de ceux qui avoientengagé & entraîné les Etats qu’ils gouvernoient dans le parti de Perfée.Considérons maintenant comment tous ces politiques fe conduisirent.
Antinous , Théodore, Céphale & la faction qui leur étoit con-traire , firent embraíïèr aux Moloflês les intérêts de Períee. Le dangerne les étonna pas, ils virent fans fraieur leur dernier moment s’ap-procher, tous fans s’ébranler persistèrent dans leurs premiers sentiment& moururent avec honneur. On ne peut que les louer de ne s’êtrepas manquez à eux mêmes, & de n’avoir pas souffert que leur der-nier jour obscurcît l’éclat de la réputation qu’ils s’étoient faite pen-dant le reste de leur vie.
La tranquillité où l’on resta dans l’Achaie, chez les Theílàliens &chez les Perrhébiens , fut suspecte. Plusieurs y furent soupçonnez depancher en faveur du Roi de Macédoine & de ne chercher que i’occa-sion de sc déclarer pour ce Prince. Cependant jamais ils n’avoient lâchepubliquement un seul mot, jamais on n’avoit surpris ni lettre, ni mes-sager de leur part qui pût donner lieu à ce soupçon, jamais ils ne don-nèrent prise fur eux. Aussi furent-ils toujours prêts à rendre compte deleur conduite, & à justifier leur innocence. Avant que de périr ils ten-tèrent tous les moiens de se sauver. Car il n’y a pas moins de lâchete,lorfqu’onn’a rien à fe reprocher, à sortira regret de la vie par la crain-te d’une faction contraire ou d’une Puissance sopérieure, qu’à y resteravec déshonneur.
Dans l’Isle de Rhodes , dans celle de Cos & dans plusieurs autresvilles, quelques-uns affectionnez pour Perfée avoient la hardiesse deparler ouvertement pour les Macédoniens &c contre les Romains & desolliciter leur Nation à se joindre à Perfée, mais ils ne pouvoient lesamener à ce sentiment. Les plus distinguez d’entre eux étoient, da slSl’Iste de Cos Hippocrite & Diomédon son frère, & dans celle de Rho-des Dinon & Polyarate. Mais qui pourroit ne pas blâmer le procédé d eces Magistrats ? Toute leur Nation íçavoit ce qu’ils avoient fait, ce qu 1 *