III
DES LIBRAIRES,jamais trouve dans une Place assiégée, fera fort embarassé si onle charge de la défense d’une Ville importante, qu’il íè verraobligé de rendre honteusement à l’Ennemi. Nous n’en avonsvû que trop d’exemples. On a souvent-taxé de lâcheté ou detrahison des très-honnêtes gens, â qui l'on ne pouvoit reprocherqu’une grande ignorance dans cette partie de la guerre qui con-'cerne l’attaque ôc la défense des Places, que notre Auteur atraité au long ôc d’une maniéré admirable, ôc il montre que ladéfense exige surtout les plus grands talens dans un Gouverneurde Place, pour mettre à profit íès avantages, ôc qui peut parle secours des Mines pousser fort loin la résistance, ôc lasser lapatience du plus habile Général.
ìl fitit voir que les Officiers intelligens ôc braves peuventacquérir de la gloire, même dans des bicoques où il ne paroît-pas possible de tenir un moment. Il fait des observations très—curieuses ôc instructives fur l’attaque ôc la défense des maisons ;raffinés ou censés en plein-champ. ll en donne quelques exem-ples qu’on ne peut lire fans admiration. Le Roi de Suéde,Charles XIL lui fournit une défense de maison où il étoit lui*même en personne. Cette action lui pvroît d’un brillant quin’a guère d’exemples dans l’Histoire, ôc c’est la feule Tête cou-ronnée a qui pareille avanture íoit arrivée. il s’agit de l'assai-
re de Bender qui a fait tant de bruit. Charles XIL entreprit,^le ii. Février 1713, de fe défendre avec très-peu de mondedans une maison de bois contre une Armée de Turcs ôc dcTartares qui l’attaquérent avec du canon. Le Roi n’en sortitque lorsqu on y eut mis le feu. Mr. de Folard regarde ce Hé-l ° S comme un des plus grands hommes qu’il y ait eu. H le^ orn pare â Alexandre le Grand, ou pour mieux dire il le met audeílus de ce Conquérant. On peut voir dans notre Auteur le-loge de ce Prince guerrier, qui dans un court espace de teins ôcune vie de peu de durée a parcouru ôc pratiqué d’une maniéréétonnante toutes les parties de la guerre.