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Tome premier.
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XLV
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VIE DE POLYBE. à

peut-être possédée depuis qu’elle ft’eíf plus en'usage. II lui estéchapé des fautes,maisil étoit homme, & homme alors pénétré de la plus vive douleur par ía perte qu’ií a-voitfaite de fa mère, de fa fille, & de la plus grande partie de ses biens. II avoîtbeaucoup étudié la maniéré ancienne de faire la guerre , & a relevé très savamment furce point quantité de bévues de l’Archevêque de Siponte. Mais pour bien concevoir& bien rendre tout ce qu’il y a de militaire dans Polybe, ce n’étoit pas afièz d’étu-dier la-guerre des Anciens. H falloit un habile homme du métier. Le premier secourslûi a manqué, & il ne dit nulle part qu’il se soit servi du second. A l’égard de sonstile, il- est tout-à-fait conforme à celui de'Polybe, & cette affectation, qui se sentd’un bout k l’autre de son ouvrage , devoir bien rassurer M. Huet contre son : doûte.Au reste la reconnoiíìànce m’oblige de déclarer que je dois beaucoup à cet habileTraducteur. Sans lui pour l’intelligence du texte, & fans M; dé Folard pour la con-noistànce du militaire, j’avoue que dans bien des endroits j’aurois été très-embârrassé.Plus d’une fois je me fuis trouvé dans des défilés dont je ne voiois nulle issiie, & oùpour me conduire je n’avois pas trop de ces deux íàvans guides.

Je ne rendrâi pas compte des traductions Italienne, Allemande &Angloise. Je n’en-tens l’Italien qu’imparfaitement,.& point du tout les deux autres langues. Le Chanoi-ne que j’ai déja cité,- juge équitable des ouvrages d’autrui& impitoiable des lienspropres, me mandoit il y a quelques années, que les Italiens avoient une traductionde Polybe ,- de la façon du Domenichi ■, & dont ils faifoient beaucoup de cas : mais que leIhmenichi étoit un vrai Perot , ou plutôt un yraiDu Ryer. -L’Ahgloife passe en An-gleterre ,-h ce qu’on m’a écrit de Londres, pour n'avoir été faite que fur le Latin déCafaubort. Et pour l’Allemande, Cafaubon dit lui-même que son Auteur étoit tropoccupé de plus grandes affaires,pour avoir le loisir de donner à son ouvrage toute laperfection qu’il étoit capable de lui donner. Venons aux François.

La première est d’un Lyonnois nommé Louis Maigret. 11 y en a eu deux éditions.Celle de 1557. ne contenoitque les cinq premiers Livres de Polybe. Dans la secondede Tannée suivante, il ajouta les Fragmens des douze Livres fuivátís. On peut jugerdu stile de cette traduction par le tems où elle a paru.

Que diraî-je Ae M. Du Ryer ? Répéterai-je après les autres qu’ií n’a travaillé qued’après Gafaubon, & qu’outre les fautes de son Original, qu’il a fait paslèr dans Ialan-gue Françoise, il est tombé dans unè infinité de méprises qui lui font próprés ? II le fautdire en passant, pour faire sentir combien M. de Folard a eu raison de souhaiter que1 on traduisît de nouveau l’Auteur qu’il vouloir commenter. Mais je ferois conscienced en dire dû. mal , & je-ne saurois approuver le mal qu’on en a dic Dans la pauvretéextrême, où cet Académicien vivoit,quelle attention voudroit-on qu’il eûtpûappor-ter à son travail. Pour éxaminer,approfondir,comparer,polir,il faut être tranquilleau moins fur les nécessités de la vie. Dès la Préface ? en même tems que je fus touchéde compassion, je conçus que l’ouvrage feroitplus de main que de tête. Ce/?, dit cetAuteur en parlant de fa traduction,»» présent que je fais au public, & ïí doit ni'en sa-voir le même gré , que je lui saurois moi-méme , s'il me donnoit comme je lui donne, ildemandoit l’aumône, & le public, dont il imploroit la miséricorde, fut sourd à ses priè-res. Sans cela je ne doute presque pas que les qualités naturelles & acquises qu’il avoirpour écrire, ne lui euíïènt fait plus d’honneur. Mais quelque défectueuses que soientses traductions, on ne peut contester fans ingratitude qu’elles n’aient été très-utiles.Là on a lu d excellentes choses, qui fans M. Du Ryer euíîent été, comme si jamaiselles n eussent été écrites. Lassions donc enfin cet Auteur en repos, & en faveur desservices qu’il a rendus, pastòns-lui les fautes que son état lui rendoit presque inévitables.

J’aurois besoin, pour d’autres raisons, de demander pour moi la même indulgence :

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