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Tome premier.
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LVI
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lvj TRAITE’

qu une Colonne alant percé la ligne, elle veut tomber sur les flancs k droit & à gauchedes bataillons ennemis: alors ce qui étoit face ou flanc devient front.

Ce que je dis ici des divisions de la Colonne, est bien à remarquer. Car outre cessubdivisions, on peut encore la faire tirer par divisions ou par pelotons de la droite kla gauche, & de la gauche à la droite. Ce feu est plus continu, plus régulier, plussùr^& moins embarraífé que de tirer par rangs; c’est la méthode Hollandoife, dontje fais grand cas, à certains égards: mais il faut de séxcrcice, briller bien de lapoudre ; on ne fauroit mieux faire, lorfqu’on voudra fe réduire à fe battre de loin.

Je dirai pourtant que le feu par divisions, ou pelotons de cinq files, soit qu’ontire par tête ou par faces, est moins propre à la Colonne qu’au bataillon autrementdisposé ; (bailleurs le feu est ce qu’il y a de moins à considérer dans la Colonne quigît toute en action. Elle n’en a guérest non plus à efluier, puisque sa force consistedans sabord de Fennemi, & dans la violence de son choc. La nation Françoise n’estnullement propre à cette sorte de manœuvre, qui consiste dans un grand feu fans sa-border : ceux qui la font combattre fur ce principe dans les actions de rase campa-gne, ne la connoiflènt pas, & s’ils sont battus ils méritent de l’être. II faut laiflèraux Hollandois, comme plus flegmatiques, leurs pelotons, & prendre toute maniéréde combattre qui nous porte à Faction & à joindre Fennemi, J’approuve fort la di-vision d’un corps par pelotons, mais c’est pour des cas différens de ceux de rase campagne.

On fait aujourd’hui une fort grande estime du bataillon quarté à centre vuide : caril y a plus d’un siécle que lé plein s’est évanoui, quoique meilleur : cependant lesExperts dans Finfanterie conviennent qu’il est très-défectueux par la foibleílè de fesangles. II n’en est pas de même de la Colonne, fes angles n’ont aucune prise, & fesfaces ou fes côtés font si étendus qu’ils foumiífènt un feu qu’il n’est pas aile d’abor-der, & qui ne finit point, comme nous le ferons voir. On ne fauroit rien imaginerde plus simple dans la maniéré de la former, tout nombre lui est propre. On peutformer une Colonne d’un feu! bataillon fur vingt de hauteur : si l’on > n’a pas davan-tage de troupes à opposer, le ralliement en est facile & aisé ; elle lé rompt & fe remetdans un instant : elle conduit à toutes fortes d évolutions & de changemens : ce qu’onne remarque pas dans le Coin on le triangle des Grecs, & dans le bataillon quarté.

Ajoutons à cela que la profondeur de notre Colonne, de G en D, dont on ne voitpoint le fond, furpafìé de plus d’un tiers celle du quarté parfait, que je suppose de3000. hommes à centre plein. Je fais cette supposition au cas que l’on voulût em-braser ce quarté hors d’ufage, quoique meilleur, pour combattre ma Colonne. Jedis que ces deux sections, ou bataillons AB, feront plus d’efiét par fes différens feuxque le quarté de six bataillons. Ce n’est pas la le seul avantage de ma Colonne.. Jeprétens que fes angles, pour y revenir encore, ne peuvent être émouífés ni enlevés,parce qu’ils n’offrent aucune prise,- & l’on peut dire qu’ils n’en donnent point, àcause de la violence du feu des côtés, & d’un feu oblique, qui est de tous le plusdangereux. Encore un coup, ces angles ne sont pas davantage exposés que ceux denos bataillons, qui sont des quartés longs: outre qu’on ne fauroit attaquer les côtés,ou que si on les attaque on ne peut le faire que par un ordre & des armes sembla-bles. ' ■

Ce qu’il y a encore de plus à craindre, & de plus redoutable, est le mouvement dessections k droit & k gauche, comme on peut voir en E F ; car fi par éxemple la Colon-ne est attaquée, & que la section F, qui étoit au terrain ponctué G, faisant k droit feporte en F, Fennemi, qui est prêt à Faborder, ne pourra choquer que le côté H, c’est-h-clire le côté d’une section : car s’il attaque la face K, de la section E, il s’expofeà deux différens feux de la tête L, flanquant K, & IC réciproquement L. Cette

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