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Tome premier.
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lxxl TRAIT E’

& l’on peut dire qu’il n’y a que la tête A qui faflè effort, & qui s’ouvre un paíïàgffpour l’ouvrir aux autres B, qui prêtent toutes le flanc. Car bien loin d’éviter lesangles, qui sont ce qu’il y a de plus foible, on a trouvé le secret d’en produirehuit, & de rendre facile à enlever tout ce qui déborde, & qui avance au-delà dessections qui précédent: ainsi cette mafle se trouve sans force à ses côtés, & peu re-doutable à son extrémité A,qui ne sçauroit être soutenue, parce que le second corpsqui lui sert d’appui se trouve en même tems attaqué à ses ailes & à ses flancs, commeles autres qui sont derrière ; les ennemis pouvoient d’autant mieux les rompre, qu’en cetems-là les François étoient très-mal armés, selon la coutume de cette nation, qui n’avoicque la hache & l’épée, & aucune arme de jet, pas même des armes défensives ; au lieu queles Romains avoient de tout cela, tant la coutume avoit de force & de puiflànce fur cettenation, sons que leurs défaites, qui venoient toutes de la foibleífè de leurs armes, leurferviflènt de leçon : car les Gaulois de l’antiquité la plus reculée, comme les autres quisont venus après eux sous le nom de François, ont toujours été battus pour n’avoirpas imité leurs ennemis dans la maniéré de s’armer. S’ils l’euflènt fait, je ne fçai fi onparleroit aujourd’hui de ces anciens Grecs & Romains, si admirés dans l’Histoire,&si renommés par la grandeur de leurs victoires, & par celle de leurs conquêtes.

Gustave-Adolphe, le plus grand Capitaine & le plus profond dans l’infanterie qu’onait jamais vil depuis les Anciens, avoit cherché une évolution plus parfai te & plus pro-pre k enfoncer que la ridicule Tête de Porc , qui ne fut jamais au inonde telle qu’onnous la donne ici. La première idée de ce grand homme fut la portion de Croix A ,qu’il entrelasso entre les brigades dé son infanterie, comme il paroi t dans le plan de laMerian. bataille de Léipzig en 1631, où les Impériaux furent totalement défaits. Dans cette 'Tbeat. bataille le Roi de Suéde inséra des Coins simples, oii pour mieux dire des Colonnes

Iiurop. entre les brigades de son infanterie : la manche des piques A faisoit la première fec-

eom. II. t j on , à les deux manches des Mousquetaires B, C, derrière celle des piquiers fur433 ’ une même ligne. La section C, étoit alignée entre les bataillons D, de chaque brigade,les deux autres sections A, B, débordant fur tout le front de la ligne; ainsi chaqueColonne fe trouvoit flanquée du feu des Moufquétaircs, & soutenue encore du cen-tre des piques E, des bataillons D, des ailes des brigades, & les deux rentrans F,entre les corps D, & la Colonne, ne pouvoient être abordables, si l’on ne commen-çoit par embrasser la Colonne & tous les corps ; ce qu’on ne pouvoit que par un or-dre & des armes semblables. L’ordonnance de Lutzen fut une fuite des réfléxionsque Gustave avoit faites à celle de Léipzig; c’est à cette, maniéré de combattre, au-paravant inconnue, qu’il dut le succès de ces deux grandes journées.

Cette fçavante méthode de Gustave ne périt pas après la mort de ce grand Roi, elleIbid trouva des gens qui la pratiquèrent avec beaucoup de gloire. Les Suédois combatti-

p° m 8 ' 5t rçnt & vainquirent par Colonnes à la bataille d’Oldendorp en 1633. Cinq campagnes

Ibid ' après les mêmes Suédois remportèrent une grande victoire à YVitte-Weyr. Et en 1642.

tom III. le Maréchal de Guébriand gagna celle de Hulst. On peut dire que dans celle ci com-

p 963. me dans la précédente, les deux Généraux se rangèrent fur une ligne de Com simples,tom" IV c’est-à-dire que les deux sections des Moufquétaires C flanquoient celles des Pi-p. 8 co, ’quiers L- . , „

Pour revenir a 1 ordre de bataille de Léipzig, bien que j’aie dit que Gustave fsrangea par Colonnes entre les brigades, je crois qu’en rigueur on ne peut pas le qualifierde ce nom, mais seulement de portions de croix,ou de Coins simples; parce que lesbataillons D faifoient corps avec elles, & que tous ensemble agiflòient du même branle& du même mouvement, sons s’en séparer. Cela les rendoit pesantes & difficiles k ma-nier dans leurs différentes manœuvres, & leurôtoit la force & l’impétuosité du choc.