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Tome premier.
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LXXIV
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Iantiens,aiant enfermé Alexandre dans un pas de montagnes très-dangereux, Torsqu’îlétoit occupé au siège d’une ville, obligea ce Prince à quitter cette entreprise pour setirer de ce défilé, où il s’étoit jetté comme dans une naíïè. II falloit qu’il le forçâtdans ce poste : comme il ne pouvoit déplier fa phalange, il fit plusieurs mouvemenspour dérouter f ennemi ; mais comme il vit que rien ne branloit, il mit tout à coupfa phalange à six vingts hommes de hauteur, :c ? est-à-dire en Colonne. II jetta deuxcens chevaux fur les côtés.de cette mastè redoutable, après avoir fait'filer ses troupesdans cet ordre, parce qu apparemment le défilé se reffèrroit. Amen dit qu’après plu-sieurs manœuvres .différentes, il se forma m pointe , & fondit fur l’ennemi, qu’il eivfonça, & pasià outre. '

Un homme du métier comprendra aisément le fait de íà manœuvre r mais un autrene s’en appercevra pas. L'Auteur veut dire fans doute qu’il fit une conversion, quele flanc de fa phalange, qui étoit.moins étendu, devint tout à coup le front, & quemarchant ainsi par son flanc. > la cavalerie dût suivre à 1 a queue de cette mastè épou-vantable d’infanterie. - ;

L’Auteur Grec se sert pourtant du terme EEmbolon , & cependant un corps de 120.de profondeur, pu de plus,si le flanc est devenu le front, n’est'pas un triangle. Uncorps d’infanterie qui choque de pointe, ne signifie pas que ce corps soit rangé enpointe. Je me sers du terme de pointe ou de tête dorique je veux parler du choc dema Colonne, lorfqu’elle donne par cet endroit, & non par ses côtés.

Lorfqu’on dit qu un Général couvrit la pointe d’nne de ses ailes d’un- bois, oild’un ruisseau, cela ne veut pas dire que cette aile soit pointue. La- Colonne est unquarré long, ou un plêfìon , -comme les Urées rappellent,qui choque de pointe. UnHistorien , qui n’est pas du métier, prendfouvent un mot métaphorique au sens lit-téral , comme je f ai déja dit,. & Elien m’a bien la mine d’avoir pris son Cunens euson Rofìrum pour un véritable triangle. Ce tacticien, & qui plus est l’EmpereurLéon ne se font pas seulement contentés de faire combattre leur infanterie en ordretriangulaire, dont Fextrémité de sangle est d un seul cavalier, ce qui est ridicule.L’eícadron Rhomboïde d’Elien ne lui cède pas r s’il l’a tiré de Frontin, je n’en faispas pour cela plus d’estime; mais il est faux qu’ili’ait tiré de. cet Auteur, & il estencore plus faux que j’en aie parlé fur ce picd-là dans mou Livre d osNmvelles- Décou-yertes fur la Guerre. Apparemment qu’Elien s’est imaginé qu’il en est d’un Rhombe,ou d’un Coin d’hommes, comme d’un Coin de fer, qui plus il est aigu , plus il est fa-cile ’a enfoncer. Les Anciens font nos maîtres dans les choses: de la guerre, mais ilsne laiífoient pas de s’égarer quelquefois : à plus forte raison les Grecs & ses Romainsde la moienne antiquité. Le siécle de Trajan fut le dernier de la grandeur & de brvertu Romaine. Ce grand Capitaine avoit de, fçavans Officiers -fous lui, comme-Frontin, célébré par ses ouvrages fur la .guerre autant que par ses actions: mais je-n’ai pas lû ni ouï dire qu’Elien se distinguât par aucune de ces qualités, quoiqu ’ily ait d excellentes choses dans fa tactique dont on peut tirer profit; mais comme iln’approfondit rien, il faut les méditer, & très - profondément, & cela n appartient-pas à^tout le monde. Voilà l’affáire instruite fur le Coin comme fur le quarré, autant-que j’en fuis capable r 1 e Lecteur fantassin portera là-deííùs son jugement. Pour satis-faire ceux qui font dans l’opinion que les Anciens fuioient le Com de figure triangu-•laire, nous allons donner la maniéré dont ils leformoient,non la véritable, mais cel-le qui approche le plus du vrai.: Ceci est conjecturé, ou, si l’on veut, purementde ma façon. Je laiflè à chacun la liberté d’en penser ce qu’il lui plaira; mais je dou--te que l’on puisiè par les régies de la. tactique,, faire autrement & plus simplement•cette évolution»