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Tome premier.
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7b H I S T O III E DE POLYBE,

Quintc-Curfc, qu’il auroit pû citer. Rien ne plaît, n’instruit & ne délasse davanta-ge que cela. Ou n’auroit jamais fini s’il falloit citer tous, ce seroit une vraie pédan-terie ; mais du moins on choisit les exemples les plus remarquables.

§. VI.

Corbeau à laqs cour ans, & à pinces. Tellenon.

J ’Ai déja apporté un exemple du corbeau k laqs courans dont ceux de Platée fe ser-virent contre les essores du bélier. Tite-Live nous en fournit un autre, qui faitassez connoìtre que ces lacets, pour saisir le bélier, étoient attachés à des corbeaux.:car il paroît par ce que dit P Auteur, que ceux qui défendoient Heraclée contre lesRomains, manquoient de ces fortes de machines contre les béliers: en effet, dit-il,les Romains attaquoient bien moins ia ville par la force de leurs armes, que par celle del’art ; tout au contraire des Etoliens, qui abandonnoient celui-ci .& recouraient auxautres : car tandis qu’on battoit leurs murailles avec les béliers, ils négligeoient lesínoiens ordinaires pour les rendre inutiles, & en détourner les coups en les saisissait pardes lacets à laqs courans. Ils fe contcntoient d’inquiéter les Romains, par les conti-nuelles sorties qu’ils faifoient fur leurs batteries pour tâcher d’y mettre le feu.

Le Consul Fulvius aiant assiégé Ambracie, la garnison n’eut garde de suivre l’é-xcmplc de celle d'í Iéraclée. Elle mit en œuvre tout ce que Part, l’intelligence & lavaleur ont de plus redoutable. C’est Tite-Live qui nous apprend ceci ; toutes les ma-chines dont on se servoit en ce tems-là dans Fattaque des places, parurent dans celled’Ambracie.

Les Romains formèrent cinq attaques; ce qui ne s’étoit peut-être jamais vu dansaucun siège, ni chcz les Grecs, ni chez les Romains. Quel appareil de machinesne falloit-il pas? Les murailles étoient très - sortes, les assiégeans élevèrent plusieursbatteries de béliers, qu’ils approchèrent des murs de la place: les assiégés les rendi-rent bientôt inutiles & fans effet par le rnoien de leurs corbeaux k bacule, au boutdelquels ils suspendirent de grosses maíìès de plomb, ou de gros quartiers de pierred’une énorme pesanteur, qu’ils élevoient & faifoient tomber ensuite fur les béliers;ce qui rompoit la force des coups, ou les détournoit à droit ou à gauche du pointfixe auquel ils étoient suspendus.

Ils n’curent pas moins à fe défendre contre les corbeaux démolisseurs, avec les-quels les Romains arrachoient les pierres ébranlées par les béliers, & tiraient à basles crcnaux des murailles de la ville: h ceux-ci les assiégés en oppofoient d’autres;car outre leurs bacilles, dont ils fe servirent pour les rompre &ïes briser, ils mi-rent encore en usage les corbeaux k laqs courans & k pinces, avec lesquels ils en-levoient pardessus les murailles, ces grands crocs, ou pâtes d’ancres enmanchées k delongs bois, & poussées contre les crenaux pour en arracher les pierres, & les ame-ner k bas.

Le tellenon, fous la figure que Végéce nous le reprefente, est d’une grande rare-té dans les sièges des anciens. Cette machine ne devoit pas être d’un grand effetpuifqu’il fe trouve si peu d’Auteurs qui en parlent. Stéwechius, dans son Com-mentaire fur Végéce, nous en donne 1a figure: mais il s’en faut bien quelle nesoit conforme k son texte. On ne peut s’empêcher de rire en volant huit ou dixsoldats, enfermes & suspendus dans un tonneau ou dans un cuvier de haut bord,■& deux hommes feulement qui font mouvoir la machine, qui la haussent & quil’abaiísent fur une des tours des assiégés, sons qu’il paroisse que le matéreau en tra-