i6r HISTOIRE DE P O L Y B E,
les cléphans & les soldats, & ss dispose ouvertement à tenir la campa-gne. Ce fut avec beaucoup de douleur que les Romains apprirent le nau-frage de leurs vaisseaux, par ceux qui s’en étoient échapés. Mais ce mal-heur ne leur abattit pas le courage; ils firent construire de nouveaudeux cens vingt bâtimens, & ce que l'on aura peine à croire, en troismois cette grande flotte fut prête à mettre à la voile. Elle y mit en eftetfous le commandement des deux nouveaux Consuls. A. A ttilius & C.Cornélius. Le détroit traversé, ils reprennent à Messine les restes dunaufrage,. cinglent vers.Palerme,& mettent le siège devant cette ville,la plus importante qu’aient les Carthaginois dans la Sieste. On, attachedes travailleurs a deux côtés, puis on fait jouer les machines, Lâ toursituée fur le bord de la.mer s’écroule aux premiers coups, les soldatsmontent à Pafíàut par cette brèche, & emportent deiforce la nouvelleville. L’ancienne courant risque de subir le même sort, leur fut livréepar les;jhabitans. Les Romains y laissèrent une garnison, ^retournèrentà Rome.
C H A P I T R E IX.
' /îutre tempête funeste aux Romains. Bataille dc Païenne..
T ’Eté suivant les Consuls C. Servilius & C. Sempronius à la tête dé,JLJ toute la flotte traversèrent la Sicile, & passéreníj.usqu’en Afrique.Rasant la côte, ils firent, plusieurs descentes, mais qui aboutirent à peu;de chose. A rifle des Lotophages appellée Ménix, & peu éloignée dela petite Syrte, leur peu d’expérience pensa leur être funeste.. La mers’étant retirée, laissa leurs vaisseaux fur des bancsde fable. -Ils nesavoientcomment se tirer de cet embarras. Mais quelque tems après, la mer é-tant revenue, ils firent le jet, soulagèrent un peu leurs vaisseaux, & íèretirèrent, à peu près comme s’ils eussent pris la fuite. Arrivés en Sici-le, ils doublèrent le can de Liíybée, & abordèrent à Païenne. De là
tion que les Romains se piquassent, des pertes íi grandes & íi fréquen-tes leur firent perdre Penvíe de lever une nouvelle flotte’, & se bornantaux armées de terre,ils enrôlèrent en Sicile Luciûs Cédiius & Cn. Fu-rius, avec les légions-, H: soixante vaisseaux feulement pour. le transportdes vivres-. Les malheurs des Romains tournèrent à r-avantage des Car-thaginois, qui reprirent sor la mer la primauté que les premiers leur re-voient disputée, fl s comptòient aufïì beaucoup, & avec raison sur leurstroupes de terre. Car les Romains depuis la défaite de leur armée d’A-