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Tome premier.
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L I V R E I. C H A P. XI. is 5

« grandeur; & C-n continuant comme vous avez commencé, vous couronnerez lesvô-„ tres d’une fin heureuse. II n’y a rien de plus glorieux que de ne dépendre de per-„ sonne, & de vivre aux dépens des ennemis, lans avoir besoin de faire la cour ni„ aux Grecs ni aux Barbares. Les soldats s’écriérent qu’il les menât où il lui plairoit ;„ & après avoir sacrifié, il leur ordonna de repaître, & de s’embarquer auífi-tôt avec„ des vivres pour un jour, asin de pouvoir arriver à tcms où Dieu les voudroit con-„ duire. II partit incontinent après, & cinglant de nuit vers le port d’Athénes, fai-„ soit reposer de tems en teins les rameurs, s'approchant quelquefois d’eux pour les„ entretenir; que si quelqu’un croioit que ce fut une témérité k lui, avec douze„ galères, d’en attaquer un plus grand nombre jusques dans le port;qu’il considère,„ qu-après la défaite de Gorgopas, les Athéniens s’étoient relâchés comme s’ií n’y,, eût eu plus rien à craindre, & qu’il étoit plus facile de les défaire dans le port„ qu’ailleurs: car il savoit qu’à Athènes chacun croiant être en sûreté, iroit coucher„ dans son lit, & qu’il ne demeureroit personne sur les galères. Comme il fut à six„ ou sept cens pas du port, il fit halte pour donner haleine à ses gens, & attendre„ la venue du jour. II n’cut pas plutôt paru, qu’il vogua à toutes rames droit au„ Pirée, fans souffrir en arrivant qu’on coulât à fond, ni qu’on brisât aucun vaisseau,„ si ce n’étoit des galères, qu’il faifoit mettre auífi-tôt hors de combat. On remor-„ quoit les moindres vaisseaux de charge, & l’on se contentoit de faire des prison -„ nicrs dans les grands, jusqu’à en arrêter quelques-uns qui étoient couchés dans le„ magazin. Cependant on court du Pirée donner l’alarme dans la ville, chacun fort„ pour voir ce que c’étoit, & tout le monde prend les armes & se rend au port.„ Alors Telutias renvoia à Egine les vaisseaux qu’il avoit pris, avec trois ou quatre„ galères, & rasent la côte gagna quantité de barques de pêcheurs & de paíîàge : puis„ étant arrivé à Sunium, s’empara de plusieurs vaisseaux marchands, après quoi il„ retourna vendre son butin à Egine, & donna un mois d’avance à ses soldats. En-„ fuite il courut librement par tout, & prit tout ce qu’il put attraper; ce qui en-„ tretenoit le courage & l’obéiflànce du soldat, & sourniflòit à se subsistance.

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CHAPITRE XII.

Junius pajse en Sicile. Nouvelle disgrâce âes Romains à Lilybée. Ilsévitent heureusement deux batailles . Fer te entière de leurs valsseaux. Junius entre dàns Eryce , description de cette ville.

C £t échec, quelque considérable qu’il fût, ne ralentit pas che£ lesRomains la paillon qu’ils avoient de tout soumettre à leur domi-nation. On ne négligea rien de ce qui se pouvoit faire pour cela, &l'on ne s’occupa que des mesures qu’il íalloít prendre pour continuer laguerre. Des deux Consuls qui avoient été créés cette année, 011 choi-sit Lucius Junius pour conduire à Lilybée des vivres & d’autres muni-tions pour l’armée qui aisiégeoit cette ville. & on lui donna soixanteS vaisseaux pour les escorter. Junius étant arrivé à Messine, &.y aiantgrossi fa flotte de tousJes bâti mens qui lui étoient venus du camp&dureste de la-Sicile, il partit en diligence pour Syracuse* Sa flotte étoit