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Tome premier.
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212 HISTOIRE DE P O L Y B E,

ditiofls. Ils abrégèrent le tems dupaiement, ajoutèrent mille talent àla somme, & éxigérent de plus que les Carthaginois abandonnassenttoutes les Illes qui font entre la Sicile & lTtalie.

Ainsi finit la guerre des Romains contre les Carthaginois pour la SÌ-sur cette cile, après avoir duré pendant vingt-quatre ans fans interruption ;guer-guerre. re j a plus longue, la moins interrompue, & la plus grande dont nousaions jamais entendu parler, guerre dans laquelle, fans parler des au-tres exploits que nous avons rapportés plus haut, il íe livra deux batail-les , dans Tune defquelles il y avoit plus de cinq cens galères à cinqrangs, & dans fautre près de íeptcens. Les Romains en perdirent íeptcens, en comptant celles qui périrent dans les naufrages, & les Cartha-ginois cinq cens. Après cela ceux qui admirent les batailles navales &les flottes a’Antigonus, de Ptolomée & de Démétrius, pourront-ils,fans une surprise extrême, réfléchir fur ce que FHistoire nous apprendde cette expédition ? Si l’on compare les Quinquerémes dont on s’yest servi avec les Trirèmes que les Perses ont emploiées contre lesGrecs, & celles que les Athéniens & les Lacédémoniens ont équi-pées les uns contre les autres , on conviendra qu’il n’y eut jamaisfur mer des armées de cette force. Ce qui prouve ce que nous avonsavancé d’abord, que quelques Grecs assurent fans raison qne les Ro-mains ne doivent leurs . succès qu’à la fortune & à un pur hazard.Après s’être formés aux grandes entreprises par des expéditions decette conséquence, ils ne pouvoient rien faire de mieux que de feproposer la conquête de f univers , & ce projet ne pou.voi t manquerde leur réussir.

Quelqifun me demandera peut-être d’où vient que maîtres du mon-de entier, & par conséquent pluspuissans qu’ils n’étoient alors, ils ne

E cuvent plus équiper tant de vaisseaux, ni mettre en mer de si nom-reufes flottes. Nous éclaircirons cette question, lorsque nous en vien-drons à fcxplication de leur gouvernement. C’eft une matière dont onne doit parler qu 1 exprès,& qui mérite toute forte d’attention ; matièrequi, quoique très-curieuíè, a pourtant été, 11 je Pose dire, inconnuejusqu’à présent par la faute des Historiens r les uns ssaiant íeû ce qui enétoitjles autres ssen aiant parlé que d’une maniéré embarassée, & donton ne peut tirer aucun fruit. Ail reste il est aisé de voir, que c’étoit lemême esprit qui dans cette guerre animoit les deux Républiques. Mê-mes desseins de part &d’autre, même grandeur de courage, mêmepassion de dominer, A f égard des soldats, on ne peut disconvenir queles Romains ifepssent tout f avantage fur les Carthaginois. Mais ceux-cide leur côté avoient un Chef qui l’emporta de beaucoup en conduite <5îen valeur fur tous ceux qui commandèrent de la part des Romains. CeSort des Chef est Amilcar surnommé Barcas, pere de cet Annibss , qui dans ladeux E-_ ststte fit la guerre aux Romains.

ia tS pîiiL reS Après ía paix ces deux Etats eurent à peu près le même fort»