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Tome quatrieme.
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Í2 HISTOIRE DE.POLYBE,'

vous fera sincèrement dévoué: quand vous penserez k vous accom-moder & k faire la paix avec eux, n’attendez pas que l'on vous pré-vienne contre moi, mais défiez-vous & tenez-vous fur vos gardes, jeferai certainement tout ce qui fera en moi pour traverser vos desseins.Ce discours, qui paroissoit sincère & partir du cœiir, dissipa tous lossoupçons qu’Antiochus avoit auparavant conçus contre la fidélitéd’Annibal..

On conviendra que ce témoignage de la haine d’Amilcar & de toutìe projet qu’il avoit formé contre les Romains, est précis & fans répli-qué. Mais cette haine paroît encore plus dans ce qu’il sit ensuite. Caril leur suscita deux ennemis, Asdrubal son gendre & Annibal/on sils,qui étoient tels, qu’après cela il ne pou volt rien faire de plus, pourmontrer l’excès de la haine qu’il leur portoit. Asdrubal mourut avantque de pouvoir faire éclore son dessein: mais Annibal trouva dans lafuite l’occaíion de fe livrer avec éclat k l’inimitié qu’il avoit héritée deson père contre les Romains. De lk ceux qui gouvernent doivent ap-prendre combien il leur importe de pénétrer dans les motifs qui portentles Puissances k traiter de paix ou a faire alliance avec eux. Si ce n’citque pour céder au tems, on doit fe tenir fur la réserve, & avoir tou-jours les yeux ouverts fur leurs démarches:: mais íì leur fourmilion estsincère, on peut en disposer comme de ses sujets & de ses amis, & de-mander d’elles avec confiance tout le service qu’elles font capables derendre. Telles font donc les causes de la guerre d’Annibal. En voiciles commencemens. .

CHAPITRE IV.

Annibal efl nommé Général des armées , ses conquêtes dans PEJpagnet.II sc brouille avec les Romains fur un mauvais prétexte. Frisede Sagonte par Annibal. Vitloire remportée par les Romains jurDémétrius.

L Es Carthaginois étoient fort sensibles k la perte qu’ils avoíent faitede la Sicile : mais ils avoient encore plus de peine k supporter cel-le de la Sardaigne. & l’augmentation du tribut qu’on leur avoit impo- •fé. C’eft pour cela qu’après s’être soumis la plus grande partie de l'Es-pagne, tout ce qui leur étoit rapporté contre les Romains, étoit tou-jours bien reçu. Lorfqu’ils eurent appris la mort d’Afdrubal, qu’ils a-voient fait Gouverneur d’Efpagne après la morr d’Amilcar, d’abord ils ■attendirent k lui nommer un successeur, qu’ils fçtissent de quel côtépancheroient les troupes; 6c dès que la nouvelle fut venue qu’elles