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34 HISTOIRE D E P O L Y B E,
CHAPITRE VIII.
Chemin qu' Annihal eut à faire pour passer de Carthage la neuve enItalie. Les Romains Je dijpoj'ent à porter la guerre en Afrique.Troubles que leur suscitent les Boiens. Annihal arrive au Rhône ,le passe.
I F.s Carthaginois, dans le tems qu’Anníbal partit, étoient maîtres-■i de toutes cus Provinces d'Afrique qui íònt fur la Méditerranée,depuis les Autels des fhiléniens, qui font le long de la grande- Syrte ,jufqu’aux Colonnes d’tíercule, ce qui fait une côte de plus de seizemille stades de longueur. Puis aiant passé le détroit, où font les Co-lonnes d’Hercule, ils íé soumirent toute l’Espagne juíqu’à ces rochers,où du côté de notre mer aboutissent les monts Pyrénées, qui divisentles Espagnols d’avec les Gaulois. Or de ces rochers aux ColonnescTHercule il y a environ huit mille stades. Car on en compte troismille depuis les Colonnes juíqu’à Carthagéne o.u la nouvelle Cartilage,comme d’autres rappellent: depuis cette ville iissqu’à l’Ebre, il y en adeux mille deux cens: depuis lìi jusqu’aux Marchés seize cens,. & toutautant des Marchés au.passage du Rhône. Car les Romains ont dis-tingué cette route avec soin par des espaces de huit stades. Depuis lepassage du Rhône en allant vers ses sources jusqu’à ce commencementdes Alpes, d où l'on va en Italie,on compte quatorze cens stades. Leshauteurs des Alpes, après lesquelles on se trouve dans les plaines d'I.talie, qui Ion t le long du Pô, s’étendent eucore à douze cens stades.II íalloit donc qu’Annihal traversât environ neuf mille stades pour ve-nir de la nouvelle Carthage en Italie. II avoir déja fait presque lamoitié de ce chemin, mais ce qu’il lui en reítoit à sure étoit le plusdifficile.
. 11 se préparoit à faire passer à son armée les détroit? des monts Pyré-
nées, où ii craignoit fort que les Gaulois ne 1 arrêtassent; lorsque lesRomains apprirent des Ambassadeurs envolés k Carthage ce qui s’yr étoit dit réíòlu, & qu'Annihal a volt passé l’Ebre avec une armée.Aussi-tôt l'on prit la résolution d’envoier en Espagne une armée fous lecommandement de Publius Cornélius, & une autre en Afrique fous lacontante de Tibérius Sempronius. Pendant que ces deux Consuls levè-rent des troupes & firent les autres préparatifs, on se pressa de finir cequi regardait les Colonies, qu’on a volt auparavant destiné d’envoierdans la Gaule Cisalpine. On enferma les villes de murailles, & ondonna ordre à ceux qui dévoient y habiter, de s’y rendre dans l’eípace