3 cî HISTOIRE DE POLYBE,
stade k la victoire: qu’auparavant deux Consuls ne commandoient p-pla même armée; que l’on 11e s’étoit íèrvi que de troupe.s lévees depuispeu, fuis exercice, íkus expérience, 6c qui étoient .venues aux mainsavec renuemi fans prelque savoir vû: que celles qui avoient été bat-tues íur la Trebie, arrivées un soir de la Sicile,avoient été rangées enbataille le lendemain dés la pointe du jour : qu’a la journée de Thrasy-mene loin d’avoir vû Tennemi avant le combat, elles n Voient pú, àcause du brouillard, le voir même en combattant. Mais aujour-„ d’hui, ajouta-t-il , vous voiez toutes choses dans une situation bien„ différente. Non feulement les deux Consuls de .saunée présente„ marchent à votre tête, 6c partagent avec vous tous les périls; mais„ encore les deux de Tannée passée ont bien voulu se rendre aux prié-„ res que nous leur avons faites de demeurer 6c de combattre avec nous.„ Vous connoissez les armes des ennemis, .leur maniéré de se former,„ leur nombre. Depuis deux ans il ne s’eít presque point passé de jour„ que vous n’aiez mesuré vos épées avec les leurs. Des circonstances„ différentes doivent produire un succès différent. II seroit étrange,„ que dis-je, il est impossible qifen combattant k forces égales dans,, des rencontres particulières, vous aiez été le plus souvent victorieux,3, 6c que, supérieurs en nombre de plus de la moitié, vous foiez dé-3, faits dans une bataille générale. .Romains, il rie vous manque plus„ pour la victoire que de vouloir vaincre. Mais ce íèroit vous faire3, injure que de vous exhorter k le vouloir. Si je parlois a des soldats3, mercenaires, ou k des Alliés., qui obligés, en vertu des Traités,3, de prendre les armes pour une autre Puissance , courent tous les ris-3, q u es d’un combat, sans avoir prelque rien k en craindre ou k en ef-„ pérer; ce feroit k ces sortes de soldats qu’il faudroit tâcher d’inspi-„ rer le désir de vaincre. Mais en parlant k des troupes, qui, com-„ me vous, vont combattre pour eux-mêmes, pour leur patrie, leurs„ femmes 6c leurs enfuis, 6c pour qui une bataille doit avoir des fuites„ si funestes ou fi avantageuses, il est inutile d’exhorter, il suffit de„ les avertir de ce que Ton attend délies. Car qui n'aime mieux vain-,, cre, ou, íi cela ne fe peut, mourir du moins les armes k la main,„ que de vivre 6c de voir ce qiï’il a de plus cher dans Tinfamie 6c dans„ Poppreísion? Mais qifeft-il besoin cTun si long discours? Figurez-„ vous par vous-mêmes quelle différence il y a entre une victoire 6c„ une défaite; les avantages que Tune vous produira., les maux que„ Tautre entraîne après elle, 6c pensez, en combattant, qu'il ne s’agit„ pas ici de la perte des légions., mais de tout Tfmpire. Si vous3, êtes battus, Rome n’a plus dequoi tenir tête à Tenncrni. Ses foins,„ ses forces, ses espérances, tout est réuni dans votre armée. Fai-„ tes en forte que le succès réponde k son attente, 6c que votre re*» ■ • connoiilance égale ies bienfaits que vous en avez reçus. Q_ue