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tour u tour, ce Consul décampa, & se mit en tête d’approcher plusprès.des ennemis* quelque choie que pût lui dire son Collègue pourfen détourner.
Anniballui vient au-devant avec ses armés k la légére & la cavalerie,tombe fur fa marche, fait une charge furieuse, & jette un grand dés-ordre parmì les Romains. Le Consul soutint ce premier choc à la fa-veur de quelque corps de pesamment armés. II envola ensuite à lacharge les gens de trait & la cavalerie, & eut soin d’y inférer quelquescohortes de légionnaires. Cette précaution que les Carthaginois avoientnégligé de prendre , lui donna tout favantage du combat. La nuitmit hn à cette action, qui ne réussit pas à Annibal comme il l’a-voit esperé.
Le lendemain zEmilius, qui n’étoit pas (Lavis de combattre, Sc quicependant ne pouvoit fans péril retirer de la son armée, en fit camperles deux tiers le long de l’Auftde, la feule rivière qui traverse l’apen-nin, chaîne de montagnes qui partage toutes les rivières qui arrosentriialie, & dont les unes íè déchargent dans la mer de Tolcane ; & lesautres dans la mer Adriatique. L’Âuíide prend fa source du côté de lapremière, & palliant au travers del’Apennin vase décharger dansfau-tre. Aùmilius fit passer le fleuve au reste de Formée, & la retrancha àFOrient de l’endroit où il l’avoit passe, environ k -treize cens pas d upremier camp, & un peu plus loin de celui des ennemis; par cettedisposition il íe mit à portée de soutenir ses fourrageurs, Sc d'incom-moder ceux des Carthaginois. Annibal prévenant que cette manœuvreaboutiroit ù une bataille générale, jugea prudemment'que le dernieréchec ne luipermettoit pas de bazarder une action décisive.., fans avoir
-ces ou Je fleurs Ministres, qui ne peuvent agiriii rien faire par eux-mêmes . comme dei autresqui commandent seuls, & aulqueis il est*permisde faire à leur volonté, & selon qu’il leur plaît.Cette méthode est bonne & salutaire, & l’autretrès mauvaise. ,, I! n’en est pas ainsi des Rois ,, pour venir au passage de Tite-Live , non seu-,, lement ils ne connoissent point tous cesob-,, stacles; unis ils font maîtres des tems & des„ événemens. Loin d ètre obligés de suivre une„ impression étrangère’, ils donnent le mouve-,, ment & le branle à tout. Dminirerumtempo-rumjus, trahunt constliis curiïa, nonsequuniur.lt ; en de plus avantageux, encore une sois , qu’unGénéral absolu dans son année. Finitions cettenote par ce que j’ai lù dans les Réflexions po-litiques fur Tacite de M. Amelot de la Hous-saie.
,, L’indépendance, dit il, est un grand avanta-„ ge dans un Général d’arméepour ['exécution„ des grandes choses. Germanicus auroit achevé„ de subjuguer toute l’Allemagne, si Tibère n’euc
■ Tome IV,
,, pas été jaloux de fa gloire Le Duc d'AIve au-„ roit pris Rome 6t le Pape Pau! IV. íì Philip--,, pe II son Maître eíït été de l’humeur de Chat-,, les-Quint. Le Comte de Rantzau, qui fut,' depuis Maréchal de Franco , auroit infai! libîe-,, ment surpris la citadelle de Gand, où il y,, avoit alors beaucoup de prisonniers François,,, Portugais & Catalans, si M. Desnoieis, qui,, gouvernait tout fous l’autorit'é du Cardinal ds,, Richelieu , eût voulu seconder cetteentrepri-,, se.-au lieu qu’il la fit échouer, pour empêcher,, que ie Comte, dont il haïssoit la personne, ne,, devînt trop considérable à la Cour par un si,, grand service. Le Maréchal de la Motte-ÍIou*„ daneourt auroit amené ie Roi d’Espagne pri-,, sonnier à Paris, si la Régence n’eùt pas été„ entre ies mains de fa sœur , qui préféra en cette,, rencontre les intérêts de son frère à ceux de,, son fils ”. J’en dirois de bonnes si je vouloisdescendre jusqunotre tems, on s’il m’étoitper-mis de mettre aux champs ce que je feai de iadernière guerre.
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