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Tome quatrieme.
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•LIVRE III. CHAP. XXIV. 341'

cn menti: mms à ménager la vie de ses soldats. II détestoit les voies meurtrières, &blâmoit hautement les Généraux, qui comme Sempronius & Varro facrifioient tout àleur réputa r 'on. II se van toit aussi, dit le Comte Gualdo Ça), de n’avoir jamais ha-sardé ni formé aucune entreprise sans une raison évidente.

Encore que César dans la guerre d’Asranius fut assuré de la victoire, il ne voulutjamais hazarder une bataille contre lui,pour épargner la vie de ses troupes, que lors-qu’il s’apperçut que farinée ennemie tiroir à fa ruine, lui aiant non seulement coupéles vivres, mais en ore l’eau. II la réduisit enfin par une sage circonspection à mettreles armes bas. Qui doute un seul moment qu’Annibál n’eût éprouvé une semblablehonte qu’Afranius, s’il ne se fût pas trouvé un Varro au monde?

' On peut nppeller une chose avantageuse, maxime que j'ai répétée souvent, lorsqu’iîest difficile qu’elle apporte un trop grand préjudice en l’entreprenant. Mais il y a tou-jours à craindre, lorsqu'on a en tète un Général habile & déterminé, & h la têted’une armée pleine de confiance & de résolution. On ne l'attaque point impunément,& c’est la chose du monde la plus délicate, lorsqu'on pense à attaquer de telles gens,forcés de combattre & de vaincre par la nécessité. Le Général Romain & le Sénat,plus imprudent encore que le Général, voioient bien que si la fortune leur étoit con-traire, ils perdoient toutes les forces de la République.

Les Alliés contre la France se trouvèrent dans un cas tout-à-fait semblable à celuid’Annibal à la bataille d’Hocstedt, & nous ne fûmes pas plus sages que les Romains.Huit ou dix jours de délai réduisoiem ces Messieurs-là dans la nécessité de íè retirer'honteusement, & de quitter partie faute de vivres. Nous n’avions qu’à imiter Fabius,ne rien hazarder & se précautionner contre leurs attaques : car la nécessité de nous com-battre ne pouvoit être plus grande, ni pour les François de se tenir clos & couverts.Bien des Généraux raisonnèrent comme Varro. II s’en trouva d’autres qui pensèrentcomme dEmilius, & ceux-ci croient les plus consommés dans le métier, les plus sages& les plus prudens. Je doute beaucoup que les premiers eustènt raison. C’est unemerveille comment cette affaire n'eut pas des fuites beaucoup plus fâcheuses que cellede la perte d'une bataille complette & si décisive en ce païs-là, que nous fumes obli-gés d’abandonner toutes nos conquêtes en Allemagne : tant il est véritable qu’une re-mise faite h propos fauve quelquefois un Etat ; au lieu qu’une précipitation témérairele ruine & l’entraîne à une entière décadence.

(s) lîijl. univ. dil Cgmís Galazzo GuedJo Priorato.