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Tome quatrieme.
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3*4- DISSERTATION

Hist. dela guerrede Holl.depuisTannée1672 .jilsqu’àcelle de1677 -

que parc, a quelque chose de beau, aussi les Portugais contribuoient-i!s généreuse-ment pour secourir le Roi dans ses besoins les plus pressans. M. de Colbert emprun-roic quelquefois des-sommes très-considérables, plutôt par politique que par nécessi-té, pour gagner la confiance des riches, & lc-s rendoit quinze jours .après, avec lesintérêts d’une année, disant qu’on croioit en avoir besoin ; mais que les affaires aiantchangé, le Roi les en remercioit.

La Hollande, fans inquiétude h l'égard des fonds néceílàires pour soutenir la guer-re , profita habilement de notre négligence h faire valoir nos avantages. Cette négli-gence produisit notre salut, comme celle d’Annibal celui des Romains. Dans milleans d’ici, car il n’en faut pas davantage pour être ancien, les habiles gens prendrontplus de plaisir à considérer la conduite de ces sages Républicains dans la guerre de1672. que celle des Romains dans la seconde Punique. Je ne crois pas qu’il failledescendre plus bas: car il n’y a pas dequoi les admirer dans la guerre de 1701. Leuracharnement contre la France est une tâche, dont ils ne se disculperont jamais. Qu’yont-ils gagné ? Pas un pouce de terre.

Annibal sauva Rome pour avoir négligé de marcher droit à cette capitale après lagloire de Cannes. Louis XIV. se rend maître de Narden, de Woerden & de Oudewa-ter, il n’y a plus qu’un pas à faire pour l’être d'Amsterdam, dont la conquête eût étéinfailliblement suivie de celle de la Hollande.

Cette opulente ville, qui seule pouvoit faire une Puifïànce considérable, sut sur îcpoint de se soumettre au vainqueur. On en délibéra dans une Assemblée générale,„ La plupart soutenoient, dit un Auteur anonyme, qu’il étoit plus expédient de se,, soumettre au Roi, & tâchoient de ramener les autres à leur sentiment. Cependant„ Hasièlaer & Hop, celui-ci Pensionnaire de la Ville , celui-là Grand Baillis, qui„ étoient les deux qui vouloient demeurer dans Funion des autres Provinces, commen-„ cérent à parler fortement contre ceux qui étoient de cet avis. Sur quoi voiant que„ la brigue étoit si forte qu’à peine les vouloit on écouter, ils ouvrirent une fenêtre„ qui répondoit fur la place, & menacèrent d’appeller le peuple, s’ils ne changeoient,, de sentiment. Cette menace étonna les plus résolus; & comme le Prince d’Orange„ faisoit son possible pour insinuer qu’il y avoir des traîtres dans toutes les villes, ils,, aimèrent mieux ne pas s’obstiner que de s’exposer à la furie du peuple, qui preta-„ droit la première impression qu’on lui donneroit. Ainsi deux hommes seuls furent„ la cause que le Roi ne fut pas maître de la I hollande : car si Amsterdam lè fût ren-„ duë, tout le reste se fût conformé sur cette ville T qui est plus considérable toute„ feule que dix autres ensemble. Deux hommes sauvent la I lollande par cette action.Celle de Scipion seul fit le salut de Rome & de toute Fltalie dans une affaire toutesemblable, qu’il est bon de rapporter.

Après l’infortune de Cannes, un grand nombre des premiers des meilleures maisonsde Rome & des Sénateurs, qui s’étoient trouvés dans cette bataille, désespérant dusalut de leur patrie, s’aílèmblcrcnt dans la maison d’un certain Aíécellus. „ Ils faifoient„ desiëin de sembarquer au premier port, & d’abandonner Fltalie. Un si indigne„ complot excita l'indignation de Scipion , il résolut de s’y opposer au péril même de„ sa vie ; & se tournant vers d’autres Officiers qui se trouvèrent chez lui; que ceux,„ leur dit-ii, à qui le salut de l’Etat est cher, me suivent: il sort, va droit dans„ cette maison, où se tenoit ce Conseil, il y entre & met l’épée h la main : Je jure,,, dit-il, que je.n’abandonnerai jamais la République, & que je ne souffrirai point„ qu’aucun de nos Citoiens Fabandonne ; & s’adreílànt ensuite au maître de la mai-

„ son; il faut, lui dit-il, que toi & ceux qui sont ici fassiez les mêmes sermens,„ ou je vous tuerai tous.