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sut répondu,, que cet animal n’étoit pas né à un tel service. C’est tout un , repli-„ qua-t-il, il n’y a que de votre ordonnance: car les plus ignorans & les plus incapa-„ blés hommes, que vous emploiczau commandement des armées, ne laisiènt que de,, devenir incontinent trcs-dignes, parce que vous les emploiez.
C’étoit justement ce que saisoient les Romains. Je m’étonne que Polybene nous aitpas mieux caractériséVarro. Tite-Live n’y a pas manqué; car outre qu’ilnous le faitconnoìtre par les qualités du cœur, il nous apprend encore l’on extraction. TercntiusVarro qui priore anno prœtor sucrât , loco non huniili [ohm , sed etiam sordidoortus,pat rem lanìu: n fuisse serunt , ipfum infìitorem mords , fìlioque hoc ipjb in fervili ejusartis miniflerio ufutiu
„ Tercntius Varro, dit-il, qui avoit été Préteur Tannée auparavant, étoit un„ homme non seulement de bastè extraction, mais encore d’une naistànce méprifa-„ ble: car l’on tient qu’il faisoit le métier de boucher, lui-même étalant & ven-„ dant sa marchandise. Son père s’en étoit aidé dans une profession si vile & si,, misérable.
Ce reproche est-il bien certain? Je n’oserois trop rassurer, bien qu’aucun Ecrivaindepuis Tite-Live jusqu’à nous ne fe soit avisé de le révoquer en doute. Le silence denotre Auteur sur ce passage, paroît nous laistèr quelque soupçon: car quoique les His-toriens soient presque tous unanimes fur cette généalogie, cela ne fait pourtant pas preu-ve contre un Auteur presque contemporain. 11 me semble que cela méritoit bien «La-voir place ici, s’il en eût été informé. Peut-être que les Auteurs qui ont écrit long-tems après lui n’en ont parlé que fur un ouï dire. Paíîòns ceci, car en fait de généa-logie on peut hardiment fe fier h une tradition orale à Tégard de certaines familles qui fefont élevées aux plus grands honneurs de la République, & qui ont joué un grand rô-le, soit en bien ou en mal. Mais tout cela ne feroit rien, si Varro avoit été représen-té à l’égard de ses mœurs & de ses talens tout autrement qu’il ne Test dans Polybe &dans tous les Historiens qui font venus après lui: Ton voit bien que c’étoit un fortmalhonnête homme, fans nulle capacité «Si fans nul courage. S’il eût restèmbléà unScaurus, à un Ventidius, son extraction ne nous choqueroit pas, nous Tadmirerionsplutôt: car ces gens-là s’élevérent au comble déshonneurs & de la gloire parleurs ver-nis & par leurs actions; ce qui vaut plusque la noblesse la plus épurée. Qu’est-ce quela naistànce au prix des choses si estimables? Les gens d’obfcure naissance, dit Hora-ce , ne font pas moins attachés au char de la gloire que ceux dont la race est illustre.
Sed sulgente trahit consricios gloria curruNon minus ignotos gencrosis ...
Vous n’ètes pas noble? Lemaln’est pas grand : consolez-vous, glorifiez-vous, vousméritez de letre. En voilà aslèz: contentez-vous des moiens, ils nous font mille foisplus d’honneur que la possession. Un grand Seigneur qui feroit fort sage, troqueroitvolontiers fa chimère pour ces moiens, dont la providence vous a orné. J’aime mieux,dit Juvénal, que vous foiez fils de Thersite, pourvû que je vous voie une Achille danstes combats, que si n’étant qu’un Thersite vous aviez Achille pour père.
Malo pater tïbi fit Thersites, dummodo tu fisJEaádce fìmilis , vulcaniaque arma capes'as ,
Quam te Tlierfttce fìmìlem producat Achilles.
Je ne méprise pas Varro parce qu’il est fils de boucher, (car je ne reconnois d’autre
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