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n’croient pas impossibles dans deux hommes également sages & gran3s; mais dans le*.Romains, cela ne se pouvoit. /Emilius croioit avoir raison, & l’avoit en effet de lui-■ vreune maniéré de faire la guerre opposée à celle de son Collègue, folle & déraisonna-ble (a), & ne, pensoit pas que Rome pût fe sauver autrement que par une bonne dé-fensive , beaucoup de petits combats pour aguerrir & discipliner fes troupes, qui en-a voient grand besoin, & rien de décisif. Varro, incapable d’un bon conseil, & trop-vain pour écouter les préceptes d’autrui, vouloit mettre toutes choses au hazard. I>s’étoit rempli la tête de tant de chimères, qu’il lui tardoit de ne pas triompher de son.ennemi.
Le Sénat, qui apprenoit toutes ces nouvelles, n’eût-il pas fait plus prudemment derévoquer Tordre de combattre? On cn délibéra dans cette auguíte Aílcmblée. La plusgrande partie, qui n’est jamais la plus faine & la plus raisonnable dans les affaires qui fedécident à la pluralité des voix, avoit pour but de triompher du parti de Fabius; de lemortifier, de Thumilier: celui de Varro, ébloui par les promeíles fanfaronnes que ce 1Consul avoit faites dans fa harangue, Temporta haut à la main, au grand malheur &à la honte de la République.
On ne doit pas en être étonné, c’est le défaut des Républiques de ne pouvoir souffrir'les vertus trop pleines & trop éclatantes. C’est pour cela que plusieurs grands hom mes-se font exilés d’Athènes & de Rome. Cette conduite des Romains me fait souvenird’un bon mot d’Anacharsis à Solon, après avoir assisté à une Assemblée -.qui ne pouvoit«lut. rrMrr s'étonner de voir que dans leurs délibérations, c étaient les sages qui parlaient , & l;S‘
Soioiz, fous qui désidoient ; ce qui eil asièz ordinaire dans les Conseils où régné Tefprit de parti,-& où la plus force cabale est toujours composée de ce qu’il y ademoinsraifonnable.
Qui n’admirera Timpudence d’un homme, qui lans expérience & fans autre appui*qu’une folle audace ne promet rien moins que la victoire à fes Cicoiens,- &. de mettre-hors de Titalie cette armée d’érrangers, fans a voir en.ore vû Terme mi, ni peut-être d’ar-mée en la vie. Quelle présomption ! que de répondre de Tévénement d’une bataille,comme s’íl eût eu à combattre contre le plus méprisable de tous les hommes. I! s’en-gage dans la plus incertaine & la plus douteuse de toutes les affaires humaines, dépendan-te de Texpérience, du courage & de Tintelligence la plus consommée, contre un Capi- 'raine qui vient de gagner plusieurs batailles. Mais ce qu’il y a de plus remarquable dans-ceux qui opinèrent à mettre les affaires au hazard, c’est que leur suffrage & leur fenti-mentn’étoiene sondés que furies promesses téméraires de ce Consul,en qui ilsnecon-noiffoient aucun talent qui pût leur assùrer la victoire, pas seulement la leur faire espé-rer. Quslle ridiculisé 1 quelle simplicité pour les-Romains!
Ce fut certes avec raison qu’on fe moqua autrefois du Maréchal de Chàtillon, pourks promesses qu’il sit de prendre §aint-Omer, & d’avoir osé st hardiment répondred'un succès aussi douteux que celui d’un liège de cette importance, quoique ce Géné-ral ne fût pas un homme à mépriser. Varro fait plus, il répond de Tévénement dugain d’une bataille, encore plus incertain que celui de la prise d’une place.
„ Les Généraux d’armées qui veulent ménager leur réputation, dit l'Historien de„ Louis XIII. font ordinairement plus retenus dans leurs promeíles &dansleur jugement„ fur ce qui doit arriver. Ils aiment mieux faire leurs entreprises difficiles; asin de re-„ cevoir plus de louanges, si elles réussissent, & moins de blâme, si elles échouent.
Homère nous représente en O.hryonée le caractère de Varro. II recherchoit Caffim-
(a'' Annibîl sc trou volt alors nu moment de né- où la défensive est néceflaire, elle est ruineusestir faute da subsistant:;, & le.tems oouvoit faire autrement;beaucoup plus que les armes. C’est dans- ce cas