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Tome sixieme.
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LIVRE VII. CHAP. IV. 43

travailloient sans que l’on eût Ie moindre soupçon de leur entreprise.Mais quand on eût appliqué deux échelles, par lesquelles Denis & La-goras commençoient k monter, il se fit grande rumeur, grande émo-tion dans le camp. Car quoiqu’on ne vit l’escalade ni de la ville ni deîa citadelle, à cause de la pointe qui sortoit du rocher, on voioit k pleindu camp cette action hardie & extraordinaire; les uns en étoient éton-nés comme d’un prodige, les autres qui en prévoioient les fuites, enattendoient avec une joie mêlée de crainte l’événement& le succès. LeRoi fut informé de ce bruit, & pour détourner de cette affaire tant lesassiégés que ses propres troupes, il fit marcher l’armée vers une porteopposée k celle qui aevoit être attaquée, & qui s’appelloit la porte dePerse. Achée qui commandoit dans la citadelle vit cette marche, &surpris d’un mouvement fi peu ordinaire aux ennemis, il ne savoit nien deviner la raison, ni enfin quel parti prendre. II envoia cependant•quelques troupes à cette porte pour arrêter les ennemis ; mais comme ladescente étoit étroite & escarpée, le secours vint trop tard. Aribase quicommandoit dans la ville, & qui ne íkvoit rien de l’affaire, marchaaussi de son côté vers la porte que menaçoit Antiochus, & faisant mon-ter une partie de fa garnison sur la muraille, faisant sortir l’autre de laville par cette porte, il les exhorta d’arrêtcr les ennemis & d’en veniraux mains avec eux. Pendant tous ces mouvemens, Lagoras, Théodo-re, Denis & leur troupe aiant escaladé le rocher, viennent à la portequi en étoit proche, forçant tous ceux qu’ils rencontrent, & brisent laporte. Aussi- tôt les trente autres sortent de leur embuscade & viennentla briser avec eux. La porte abattue, les deux mille entrent dans la ville& saisissent le haut du théâtre. Les assiégés accourent de la muraille &de la porte de Perse pour avertir leurs compagnons de combattre. Laporte s’ouvre pour leur retraite, quelques troupes du Roi les suivent &passent avec eux. Pendant qu’ils s’en rendent maîtres, d’autres les brisent,d’autres se jettent dans la ville. Aribase & les assiégés s’opposent k leurpassage, mais après peu de résistance ils se retirèrent dans la citadelle.Après quoi Théodote & Lagoras se tinrent toujours au théâtre, obser-vant habilement tout ce qui se passoit, cependant le reste de farinée serépandoit de tous côtés dans la ville & la réduisoit au Roi. Enfin lesuns égorgeant ceux qui leur venoient k la rencontre, les autres mettantle feu aux maisons, d’autres encore ne songeant qu’k piller & k faire ungrand butin, toute la ville fut saccagée & ruinée. C’est ainsi qu’Antio-chus devint maître de Sardes.