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Tome sixieme.
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$4 HISTOIRE DE POLYBE,

rcroient toute l’affaire, & lui promettroient que pourvû qu’il voulûtles aider, ils lui livreroient Achée.

Cambyle prit fur lui ce qu’il y avoit à faire auprès d’Antiochus, &Bolis donna parole que dans quelques jours il envoieroit Arien à Achéeavec des lettres de Nicomaque & de Melancome : mais il laissa à l’au-tre le foin de faire en forte qu’Arien pût entrer dans la citadelle & ensortir en toute sûreté. Ils étoient encore convenus que si Achéedonnoit dans le paneau «Sc répondoit à Nicomaque & à Melancome,Bolis fe chargeroit de l’exécution & viendroit fe joindre à Cambyle.Les emplois ainsi partagés, ils fe séparèrent, «Sc chacun fit de son côtéfa fonction.

Cambyle à la première occasion s’ouvrit au Roi fur le projet. Unenouvelle si extraordinaire produisit dans Antiochus des mouvemens dif-férons. Tantôt ne fe possédant pas de joie, il promettoit tout. Tantôtn’ofant y ajouter foi, il fe faifoit répéter «Sc le projet «Sc les moiens dePexécuter. Puis revenant à croire & fe persuadant que c’étoit une pro-tection visible des Dieux, il prioit «Sc pressoit avec instance Cambyled’achevcr ce qu’il avoit commencé.

Bolis agissoit avec le même empressement auprès de Nicomaque & deMelancome, qui ne doutant pas qu’il n’y allât de bonne foi, donnèrentà A rien fans hésiter des lettres écrites en certaines notes dont ils é-toient convenus de fe servir, «Sc l’envoiérent à Achée. Ces lettres l’ex-hortoient de s’en fier entièrement à Bolis «Sc à Cambyle, mais elles é-toient écrites de manière, que quand elles eussent été interceptées, onn’auroit pû déchiffrer rien de ce qu’elles conte'noient.

Arien aiant été introduit par Cambyle dans la citadelle, remit les let-tres à Achée, & comme dès le commencement il avoit eu part à toutce qui fe faifoit, il rendit exactement raison de tout. Interrogé sur dif-férentes choies qui regardoient ou Soíìbe, ou Bolis, ou Nicomaque, ouMelancome, ou Cambyle, il répondoit juste à toutes les questions. Etil répondoit avec autant de constance «Sc de fermeté, que s’il fe fût agide lui-même, parce que la conjuration que tramoient entre eux Cam-byle «Sc Bolis lui étoit inconnue. Ces réponses d’Arien jointes aux let-tres de Nicomaque & de Melancome, ne permirent pas à Achée de ré-voquer en doute ce qu’assûroit Arien. II lerenvoia avec des lettres pourceux qui lui avoient écrit.

Après plusieurs voiages semblables, enfin Achée ne trouva rien demeilleur à faire que de s’en fier entièrement à Nicomaque, d’autantplusqu’il ne lui reftoit aucune autre espérance de sortir du péril où il étoit.11 manda qu’il étoit prêt de fe mettre entre les mains de Bolis & d’A-rien , & qu’on n’avoit qu’à les envoler. Son dessein étoit d’abord defe tirer du danger qui le menaçoit, & ensuite de prendre la route de|a .Syrie. Car il fe persuadait que paraissant tout d’un coup chez le?