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jettérenii E.ennus à leur tète, au milieu de la Grèce: malheur quiíèroit arrivé bien des fois, si les Macédoniens n'eussent été à ren-trée de la Grèce. Je pourroìs m’étendre davantage fur leurs anciensexploits , mais je crois cn avoir dit assez. On accuse Philipped’impiété, & on lui reproche la destruction d’un Temple: & on setait fur les sacrilèges que commirent les Etoliens dans les Temples& dans les bois sacrés de Die & de Dodone. C’eft cependant paroù l'on devoit commencer. Mais loin de cela les maux que vousavez foufferts, vous les rapportez d’abord en les faisant beaucoupplus grands qu’ils n’ont été en effet ; & ceux dont vous êtes les pre-miers auteurs, vous n’en faites nulle mention, pourquoi cela? Parccque vous íçavez que l’on est porté naturellement à; attribuer les injus-tices & les pertes que l’on a fouffcrtes, à ceux qui ont attaqué lespremiers. A l’égard d’Antigonus, je n’ai dessein d’en parler qu’au-tant qu’il le faut pour ne point paroître mépriser ce qu’il a fait, ni re-garder comme rien le service important qu’il vous a rendu. Je necrois pas qu’il se trouve un plus grand bienfait dans l’ÍIiítoire. IIme paroi t tel qu’on ne pouvoit y rien ajouter. Faisons-le voir. CePrince fait la guerre contre vous, il vous défait cn bataille rangée,& devient par-la maître du pais & de la ville. II pouvoit alors userdes droits de conquête. Cependant il fut íi fort éloigné de le fai-re, quoique ce fût contre vos intérêts, qu’entre autres grâces aiantchassé le Tyran, & aboli fes loix , il vous rétablit dans la forme degouvernement que vous aviez reçue de vos pères. En reconnoissancedequoi, en pleine assemblée des Grecs vous l’avez déclaré votre bien-faiteur & votre libérateur, (sue falloit-il donc que vous tissiez? Je vousdirai, Lacédémoniens, ce qu’il m’en semble, & vous ne m'en vou-drez point de mal : car ce ne fera pas pour vous rien reprocher malk propos, mais parce que la conjecture présente m’oblige à vous fairesentir ce que le bien commun demande de vous. Que vous dirai - jedonc ? Que dans la dernière guerre ce n’étoit pas avec les Etoliens,mais avec les Macédoniens que vous deviez vous joindre, & qu’au-jourd’hui que vous en êtes sollicités, vous devez plutôt vous joindreà Philippe qu’aux Etoliens. Cela ne fe peut, direz - vous, fans vio-ler la foi des Traités. Mais lequel des deux est le plus criminel, oude rompre un Traité fait en particulier entre vous & les Etoliens, oud’en rompre un autre fait en présence de tous les Grecs, écrit fur unecolonne & mis au nombre des monumens sacrés ? Comment crai-gnez-vous de mépriser un peuple à qui vous n’avez aucune obligation,pendant que vous n’avez nul égard pour Philippe & les Macédoniens,de qui vous.tenez la liberté même, que vous avez à présent, de déli-bérer fur cette affaire? Croiez-vous qu’il soit nécessaire de garder fidé-lité à íès amis, & qu’on ne soit pas dans la même obligation à l’égard
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