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Tome sixieme.
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168 HISTOIRE DE POLYBE,

coutume, ensuite les Princes, & derrière eux les Triaires, la cavalerieItalienne k l’aîle droite , les Numides & MaíTmiíTa â l’aîle gauche.De l’autre côté les Celtiberiens au centre opposés aux Romains, lesNumides fur l’aîle gauche & les Carthaginois fur la droite. Dés la pre-mière charge la cavalerie Italienne renversa les Numides, & Massinissales Carthaginois. On ne devoit pas attendre plus de résistance de lapart de gens découragés Sc abattus par tant de défaites. Mais les Cel-ribériens combattirent avec beaucoup de valeur, & comme ne pouvantse sauver que par la victoire. Car ne connoissant pas le pais ils nepouvoient efpéter de trouver leur salut dans la fuite; & la perfidie quileur avoit fait prendre les armes contre les Romains, quoique pendantla guerre d’Espagne on n'eût commis contre eux aucun acte d’hostilité,leur ôtoit toute espérance d’en obtenir quartier. Cependant les ailesrompues, ils furent bientôt enveloppés par les Princes & les Triaires.On en fit un carnage horrible, dont il n’y en eut que fort peu qui é-chappérent. lis ne laissèrent pas d’être fort utiles aux Carthaginois. Carnon seulement ils se battirent avec courage,mais ils favorisèrent encorebeaucoup leur retraite. Si les Romains ne les eussent pas eus en tête& qu’ils eussent d’abord poursuivi les ennemis, à peine en seroit-il res-té quelqu’un. Le combat qu’il fallut leur donner fut cause que Syphaxavec fa cavalerie se retira sans risque chez lui, & Asdrubal k Carthageavec ce qui s’étoit sauvé de la bataille.

Le Général des Romains après avoir mis ordre aux dépouillesaux prisonniers, assembla son conseil, fur ce qu’il y avoit à "faire dansîa fuite. 11 y fut résolu que pendant que Scipion & une partie de far-inée parcoureroient les villes pour se les soumettre, Laelius & Mastinif-sa avec les Numides Sc une partie des légions Romaines poursuivraientSyphax pour ne lui pas donner le tems de penser à íès affaires & deréparer ses pertes. Le conseil fini, on se sépara, & on exécuta d’abordce dont on y étoit convenu. II y eut des villes qui n’attendirent pasqu’on les forçât de se rendre , tant la crainte des armes de Scipion leurabattoit le courage, les autres furent prises d’emblée. Tout le païs étoit prêt à se soulever contre les Carthaginois, accablé qu’il étoit deslongues guerres qui s’étoient faites en Espagne, Sc des impôts qu’il a-voit fallu paier pour les soutenir.

A Carthage quoique l’incendie des deux camps eût beaucoup ébranléles esprits, la confusion devint bien plus grande par la perte de la ba-taille. Ce second coup les consterna & leur fit perdre toute espérance.Cependant il se trouva de généreux Sénateurs qui furent d’avisqu’on allât par mer attaquer les Romains qui étoienc devant Utique,de tâcher de leur faire lever le siège Sc de leur présenter un combat na-val pendant qu’ils ne s’attendoient à rien moins & qu’ils n’avoientrien de prêt pour le soutenir. Ils vouloient de plus qu’on dépêchât à

An-