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Tome sixieme.
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•o 6 HISTOIRE DE P O L Y B E,

6c l’équipage furent submergés. Heureusement il íè sauva lui-mêmeen se jettant avec deux autres à la nage pour gagner une galiotcqu’on amenoit à son secours.

Dans le reste de la ilote on se battoit à forces égales. Car d’uncôté Philippe avoit plus de vaisseaux légers, de Tautre Attalus é-toit plus fort en vaisseaux couverts. A la droite des Macédoniensl’on combattoit de maniéré , que, quoique la chose ne fût pas en-core décidée, il étoit aisé de juger que la victoire se déclareroit enfaveur d’Attalus. Je disois tout à l’heure que les Rhodiens, pres-que au sortir du port, avoient été jettés loin des ennemis ; maiscomme leur chiourme étoit meilleure, ils eurent bientôt atteint Tar-riéregarde des Macédoniens. Là ils commencèrent par se jetter dansles vaisseaux qui se retiroient, 6c à briser tous leurs bancs. Les Ma-cédoniens viennent au secours. L’efcadre Rhodienne se joint à Théo-philisque, 6c Tune 6c Tautre tournent la proue vers la ilote de Phi-lippe , le combat s’échauffe au son des trompettes , on s’anime lesuns les autres par de grands cris de guerre. Si les Macédoniens n’eus-sent pas mêlé des petits bátimeus parmi les vaisseaux pontés, la ba-taille eût été bientôt terminée. Mais ces petits bàtimens incom-modolent les Rhodiens en bien des manières. Car dès que les ilo-tes se furent ébranlées selon Tordre de bataille qu’on avoit pris d’a-bord, tous les vaisseaux combattirent pêle-mêle, de forte qu’on nepouvoit ni couler entre les' rangs, ni se tourner, ni mettre à pro-fit ses avantages, ces esquifs tombant tantôt fur les rameurs dontils arrêtoient la manœuvre, tantôt fur la prouë, tantôt fur la poupedes galères, 6c embarassant également les pilotes 6c la chiourme.Quand on combattoit de front 6c la prouë tournée vers Tennemi, cen’étoit pas fans dessein. Alors les coups que Ton recevoit n’ouvroientie vaisseau qu’au dessus de l’eau; au lieu que ceux que Ton portoit fai-soient ouverture au dessous 6c perdoient lans ressource les vaisseaux ain-si frappés. Mais les Rhodiens n’usérent que rarement de ce strata-gème. II y avoit trop à risquer par la valeur avec laquelle les Macé-doniens se défendoient de dessus leurs ponts. On évitoit au contraireavec grand foin de les approcher. On gagnoit plus à briser les bancsde rameurs en se coulant entre les galères, 6c en voltigeant de côté 6cd’autre. Par cette manœuvre tantôt on fondoit fur les ennemis parla prouë, tantôt pendant qu’ils se tournoient on les accabloit de bles-sures , ou Ton fracassoit quelque pièce utile au service du vaisseau. Cet-ce maniéré de combattre fit perdre aux Macédoniens un très-grandnombre de leurs galères.

Dans cette occasion il arriva à trois quinquerémes des Rhodiensune avanture fort remarquable. Théophilifque montoit la premiè-re, qui étoit la Capitane ; Philostrate étoit fur la seconde ; la troi-

sié-