AMBASSADES DE POLYBE. 339
mis Lux Rhodiens de transporter des bleds. On a vû, lorsque nousavons parlé des affaires d’italie, les discours qu’rls tinrent au Sénat,lesréponses qu’ils en reçurent, & combien ils. retournèrent contens del’accueil qu’on leur avoit sait. A propos de ceci il ell bon que j’aver-tisse, comme je l’ai déja fait, que souvent je suis obligé de rapporterles discours que font les Ambassadeurs & les réponses qu’ils reçoi-vent, avant que de parler de leur nomination & de leur envoi. Cetteanticipation ess inévitable dans le plan que je me fuis formé de rangerfous chaque année tous les événemens qui font arrivés chez différentesnations.
Pour revenir à nos Ambassadeurs, Agéíipolis trouva Q. Marciuscampé proche d’Héraclée dans la Macédoine, & lui fit part des ordresdont ía République l’avoit chargé. Le Consul, après savoir enten-du , lui dit qu’il n’ajoutoit pas Foi aux mauvais bruits que les enne-mis de Rhodes avoient publiés. II exhorta les Rhodiens à ne passouffrir chez eux quiconque auroit la hardiesse d’ouvrir la bouchecontre les Romains. Enfin ils reçurent de ce Consul toutes les mar-ques d’amitié qu’ils en pouvoient attendre. Marcius fit plus encore,il écrivit à Rome la conférence qu’il avoit euë avec les Ambassa-deurs Rhodiens. Agésipolis fut charmé de l’audience favorable qu’onlui avoit donnée. Le Consul s’en apperçut, & le tirant à part luidit qu’il étoit étonné que les Rhodiens ne se donnassent aucun mou-vement pour ménager un accommodement entre les deux Rois quiétoient en guerre pour la Cœlesyrie, qu’une négociation de cette na-ture leur convenoit tout-à-fait&Jeur seroit beaucoup d’honneur. II n’estpas aisé de deviner au juste quel étoit le motif qui portoit le Consul àparler de la forte. Craignoit-il que la guerre pour la Cœlesyrie étantouvertement déclarée, Antiochus ne devint maître d’Alexandrie, & nefît de la peine aux Romains occupés contre Persée, qui ne sembloitpas devoir être sitôt défait? Voioit-il au contraire que la guerre contrePersée devant se terminer bientôt à l’avantage des Romains,depuis queles légions étoient entrées dans la Macédoine, il étoit à propos d’enga-ger les Rhodiens à se faire médiateurs entre les deux Princes, & de lesexposer par-là à commettre une faute, qui donneroit aux Romains unprétexte plausible de disposer du sort de cette République comme il leurplairoit ? Je crois que c’eft à ce dernier motif qu’il faut s’en tenir : onn’a pour s’en convaincre qu’à se ' rappelles ce qui arriva peu de temsaprès aux Rhodiens.
Du camp du Consul, Agésipolis fut trouver C. Marcius Figulus, del’accueil duquel il eut encore beaucoup plus lieu d’être flaté que de ce-lui que lui avoit fait Q. Marcius. De 1 k il s’en retourna à Rhodes.Quand il y eut rapporté 1 ’espéce d’émulation qu’il avoit remarquée en-tre les deux Généraux Romains à qui lui seroit plus de politesses,
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