Band 
Tome sixieme.
Seite
341
JPEG-Download
 

A M B A S S A D E S DE POLYBE. 34.1

LXXXII.

Conférence des Ambassadeurs de la Grèce avec Antìochus après ìaconquête de PEgypte. Raisons fur lesquelles les Rois de Syrie ap-puient leurs prétentions fur la Cœlesyrie.

A Ntiochus reçut avec bonté les Ambassadeurs qui lui avoient étéenvoiés pour négocier une paix. 11 commença par les inviter àun grand repas, ensuite il leur donna audience «Sc leur permit de s’ex-pliquer fur les affaires dont ils étoient chargés. Ceux des Achéensparlèrent les premiers, après eux Démarate qui étoit venu de la partdes Athéniens, «Sc ensuite le Milésìen Eudéme. Comme ils avoienttous été députés dans les mêmes conjonctures «Sc pour les mêmes af-faires, ils dirent tous à peu près les mêmes choses. Tous rejettérentce qui étoit arrivé fur Eulée, fur les parens «Sc la jeunesse de Ptoîémée,& tâchèrent en se disculpant ainíi d’appaiser la colère cf Antìochus. CePrince non seulement convint de tout ce qu’ils disoient, mais leur aidamême à faire leur apologie. Puis passant aux raisons qui juftifioientque la Cœlesyrie avoit de tout tems appartenue aux Rois de Syrie, ilfit voir qu’Antigonus, premier fondateur du Roiaume de Syrie, avoitété maître de cette contrée: il leur montra les actes authentiques parlesquels les Rois de Macédoine, après la mort d’Antigonus, avoientcédé ce pa'is à Séleucus. 11 appuia ensuite beaucoup fur la dernièreconquête qu’en avoit faite Antiochus son père. Enfin il soutint querien n’étoit plus faux que ce qu’avançoient les Alexandrins, sçavoir quepar Traité conclu entre le dernier Ptoîémée «Sc son père Antiochus,Ptoîémée en épousant Cléopâtre mère du Ptoîémée régnant devoiravoir la Cœlesyrie. Après s’être ainsi persuadé lui-même «Sc avoir per-suadé ceux qui fécoutoient que son droit étoit bien fondé, il se mit enmer pour aller a Naucrates. II y fit beaucoup de caresses aux habitans,«Sc donna une pièce d’or à chacun des Grecs qui y demeuroient. De làil prit la route d’Alexandrie, où il dit aux Ambassadeurs que pour leurrépondre il attendroit qu’Aristides «Sc Théris, qu’il avoit envoiés versPtoîémée, fussent de retour, parce qu’il était bien aise que les Ambas-sadeurs de Gréce fussent témoins de tout ce qu’il feroit.

Vv 3