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Tome sixieme.
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357
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A M B A S S A D E S D E P O L Y B E. z 57

XCVI.

Tour quoi le Sénat rendit la liberté au fils du Roi Cotys

C E Roi des Odrysiens avoit envoie des Ambassadeurs à Rome tantpour demander ion fils, que pour rendre compte de Palliancequ’ii avoit faite avec Perfée. Ces Ambassadeurs furent écoutés favo-rablement. Les Romains, après la victoire remportée fur le Roi deMacédoine,aiant heureusement terminé tout ce qu’iís s’étoient propo-sés, ne crurent pas qu’il fût de grande importance pour eux de regar-der Cotys comme leur ennemi, bon fils donné en otage à Perfée avoitété pris avec les enfans de cet infortuné Prince, ils le lui rendirent,pour donner des marques de leur clémence & de leur générosité, &témoigner le respect qu’ils avoient pour le Prince qui leur demandoitcette grâce.

CX VIL

Bassesse d’ame de Pnisias Roi de Bi t hy nie. Expédient dont le Sénatse servit pour humilier Eumène.

P Rusias étant venu à Rome pour faire au Sénat & aux troupes de»complimens de conjouissance fur Pheureux succès de la guerre*con-tre Perfée, y déshonora la majesté roiale par fès basses flatteries. Onen jugera par les Faits íuivans- D’abord il fut au devant des Députésque le Sénat avoit envoies pour le recevoir, & il y futia tête rasée &avec le bonnet, Fliabit & la chaussure des Affranchis: puis saluant lesDéputés, vous voiez , leur dit-il, un de vos affranchis , prêt à fairetout ce qu'il vous plaira £5? à me conformer entièrement a tout ce qui sepratique chez vous . Je ne fçai si son pourroit s’exprimer d’une manié-ré plus lâche & plus rampante. A son entrée dans le Sénat, il fe tintcontre la porte, vis-à-vis les Sénateurs assis, les mains abattues, il feprosterna & baiíà Je seuil; ensuite s’adressant à rassemblée, Je vous sa-lue, Dieux Sauveurs , s’écría-t-il. Peu t-on porter plus loin la lâche-té & la flatterie ? Lit-ce un homme qui parle ainsi ? La Postérité au-ra peine k le croire. La conférence répondit à ce prélude; pantois hon-te de la rapporter. Des abaissemens ss profonds ne pouvaient être susvis que d’une réponse toute gracieuse.

A peine Prusias Peut-il reçue, qu’on apprit qii’Euméne étoit fur 1&point d’entrer dans Rome, Cette nouvelle ne donna pas peu. d’embao-

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