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Tome sixieme.
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AMBASSADES DE POLYBE. Z65

CVII.

Bcmètrius en otage a Rome demande en -vain d"être r envolé en Syrie.Pourquoi le Sénat aìmoìt mieux que le fils d\intiochus regníit queBemctrius. Députation de Rome dans le Levant.

D Emetrius fils de Séleucus retenu en otage depuis longtems à Ro-me, sembloit y être injustement retenu. J1 y avoit été envolépar Séleucus son père pour être garant de sa fidélité ; mais depuisqu’Antiochus avoit succédé au Roiaume de Syrie, il ne paroissoit pasjuste que Demetrius y tînt la place des en sans de ce Prince. Julqu’autems où nous sommes il avoit souffert sans impatience cette eípéeed’esclavage. Enfant comme il étoit, il falloit bien qu’il restât dans cetétat. Mais à la mort d’Antiochus, se volant à la fleur'de sage, il priale Sénat de le renvoier dans le Roiaume de Syrie qui lui appartenoitbeaucoup plus qu’aux ensans d’Antiochus. 11 appuia Ion droit de plu-sieurs raisons,& répéta souvent pour prévenir Passemblée en sa saveur::Pérès conscrits , Rome ejl ma patrie , f ai eu le bonheur de croître fousvos yeux. Tous les en fans des Sénateurs font devenus mes frères ,- £3?tous les Sénateurs J'ont pour moi autant de pères. Je fuis venu : enfantà Rome y mais aujourd'hui je compte vingt-trois ans. On sut tou-ché du discours de ce jeune Prince, cependant à la pluralité dessuffrages il fut résolu que son retiendroit Demetrius,. & qu’on main-t'iendroit fur le trône de Syrie Antiochus Eupator.. On craignît appa-remment qu’un Roi à cet âge ne devînt formidable à la République,& l’on crut qu’il étoit plus utile pour elle de laisser le. sceptre entre lesmains du Prince enfant, à qui Antiochus Epiphanes l’avoit laissé. Lafuite fit bien voir que telles avoient été les vûës du Sénat. Car fur lechamp il choisit Cn. Octavius, Sp. Lucretius &. Luc. Aurelius,-pouraller mettre ordre aux affaires de la Syrie & gouverner le Roiaumeà son gré,comptant bien que sous un Roi mineur il se trouveroit d’au-tant moins d’obstacles à surmonter, que les principaux du Roiaume é-toiént charmés que Demetrius ne fût pas à leur tête, comme ils lé craî-gnoient. Les Députés à leur départ, reçurent ordre premièrement demettre le feu à tous les vaisseaux pontés, en second lieu de couper lesjarets aux éléphans,en un mot d’affoiblir de toutes les manières les for-ces du Roiaume. On leur recommanda encore de visiter la Macédoine,pour y assoupir quelques émotions qu’y avoit excitées le gouvernementDémocratique auquel les Macédoniens ffétoient pas accoutumés : en-fin de veiller fur la Galatie & fur le Roiaume d’Ariathe. Quelque tems^