Band 
Tome sixieme.
Seite
371
JPEG-Download
 

AMBASSADES DE POLYBE. 3 71

fe disposer lui-inême, ce Prince fit partir Diodore son Gouverneur,afin qu’il le prévînt dans la Syrie & qu’il observât quelles étoientles dilpoíitions des peuples à son égard. 11 découvrit ensuite son des-sein à Mcleagre & à Menestée, frères d’Apollonius, qui avoit été éle-vé à Rome avec lui, & à qui d’abord il avoit fait part de ce qu’il pro-jettoit. Ces trois Syriens étoient fils d’un Apollonius qui avoit eu beau-coup de crédit fous Séleucus, & qui, après que le sceptre fut passé en-tre les mains d’Antioclius, s’étoit retiré à Milet. 11s furent les seuls àqui Demetrius s’ouvrit fur fa fuite, quoiqu’il eût un très-grand-nombrede domestiques.

Le jour marqué pour le départ étant proche, le jeune Prince in-vita ses amis à un grand soupé dans une maison d’emprunt, il nepouvoit les recevoir chez. lui; & c’étoit fa coutume de régaler tousles soirs tous ceux qui s’étoient attachés à fa personne. Ceux quiétoient du secret étoient convenus qu’aulll-tôt après le soupé ilspartiroient pour Ostie, n'aiant chacun qu’un seul valet avec eux. Carils avoient envoié les autres à Anagnie, comme devant eux-mêmess’y trouver le lendemain. Polybe alors étoit malade & obligé degarder le lit, mais averti de tout ce qui se passoit par Ménithylle*& craignant que le jeune Prince, qui naturellement aimoit les plai-sirs de la table, ne s’y livrât avec trop peu de précaution, il luiécrivit un billet qu’il cacheta & envoia fur le soir, avec ordre auporteur de demander le Maître d’hôtel du Prince, de lui mettre lebillet entre les mains, fans lui dire qui il étoit ni de quelle part ilvenoit, & de le prier de le faire lire incessamment à Demetrius.Cela fut ponctuellement exécuté. Demetrius ouvre le billet & lit :Fendant que P on diffère , la mort vient nous surprendre. On gagneplus à ojer quelque cho se. OJez donc , effiliez, agiffez , Jans vous in-quiéter du juccès . 1-Iazardez tout plutôt que de vous manquer à vous -même. Soiez sobre , ne vous fiez à personne , ce sont les nerfs de la pru-dence. Après avoir lû ce billet, Demetrius comprit de qui il venoit, &à quelle intention il avoit été écrit. Sur le champ il feignit un malde cœur, & retourna en son logis. Ses amis l’y suivirent. 11 don-na ordre à ceux de sa Maison ; qui ne dévoient pas être du voiage,de partir fur l’heure avec des filets & fa meute pour Anagnie &de le venir joindre à Circée, où il avoit accoutumé de chasser, & oùil avoit eu occaíîon de faire connoissànce avec Polybe. 11 découvrit en-suite son dessein à Nicanor & à ceux de sa suite,& les exhorta d’entrerdans son entreprise. 11s y consentirent avec joie, & suivant ses ordresretournèrent chez eux, ordonnèrent à leurs domestiques dé prendreau po nt du jour le chemin d’Anagnie, & de se rendre au rendez-yous de chasse à Circée, où ils dévoient fe trouver eux-mêmes le lende-,

Aaa 2