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Tome sixieme.
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AMBASSADES DE POLYBE. 3pr

eu de l’avantage dans les combats qu’ils avoient livrés aux Romains;que cependant, fi on leur impoíòit quelque peine, ils s’y fou mettraientvolontiers, pourvu qu’après avoir par-là expié leur faute, on les réta-blît fur le pié de Pancienne confédération que Tiberius Gracchus avoitétablie en Espagne.

Les Arévaques congédiés, on écouta les Députés de Marcellus, furle rapport delquels le Sénat aiant apperçu qu’ils panchoient à finir laguerre, & que le Consul lui-même étoit plus favorable aux ennemisqifaux alliés, il répondit aux Ambassadeurs des uns & des autres, queMarcellus en Espagne leur feroit connoître les intentions du Sénat:& dans la persuasion où il étoit que le conseil, qu’avoient donné lesBelles & les Tithes, étoit avantageux à la République, que Porgueildes Arévaques devoit être réprimé, & que Marcellus n'oioit par timi-dité continuer la guerre, il donna aux Députés qu’il envoioit en Es-pagne un ordre secret de la continuer à outrance contre les Arévaques& d’une maniéré digne du nom Romain. Comme on n'avoit pris cet-te résolution que parce qu’on ne comptoit pas beaucoup fur le couragede Marcellus, il pensa aussitôt après k donner un autre Chef k Tannéed’Efpagne, & qui devoit être l’un des deux Consuls, Aulus Pofthu-mius Albinos & L. Licinius Lucullus, qui alors étoient entrés en exer-cice. On s’appliqua ensuite k faire de grands préparatifs. De 1k on at-tendoit la décision des affaires de l’Eípagne. Les ennemis subjugués,on se fìattoit que tous les peuples de ce continent recevroient laioi de la République dominante; au lieu que íì l’on se relácboit, lafierté des Arévaques se communiqueroit par contagion k toute lacontrée.

Malgré le zélé & l’ardeur du Sénat en cette occasion ,quand il s’agitde lever des troupes, on vit une chose dont on eut lieu d’être extrê-mement surpris. On avoit appris k Rome par Quintus Fulvius &parles soldats qui avoient íèrvi fous lui en Espagne Tannée précédente,qu’ils avoient été obligés d’avoir presque toujours les armes k la main,qu’ils avoient eu des combats fans nombre k livrer & k soutenir,çju'une infinité de Romains y avoient péri, que le courage des Cel-tibériens étoit invincible, que Marcellus trembloit qu’on ne lui ordon-nât de leur faire plus longtems la guerre. Ces nouvelles jettérent lajeunesse dans une si grande consternation , qu’k entendre parier lesplus vieux Romains, on n’en avoit jamais vu une semblable. EnfinTaversion pour le volage d’sspagne crut k un point, qu’au lieu qu’au-trefois l’on trouvoit plus de Tribuns qu’on n’en demandoit,. il ne s’enprésenta pas un seul pour cet emploi. Les anciens Officiers, quoiquedésignés par les Consuls pour marcher avec le Général, refusèrent dele suivre. Ce qu’il y eut de plus déplorable , c'esi que la jeunesseRomaine, quoique citée, ne voulut pas se faire inscrire, & pour évi-