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Tome sixieme.
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394 AMBASSADES DE P O L Y B E.

„ des excès intolérables. S’ils en viennent là, il fera sems alors dc„ décider s’il vaut mieux souffrir tous les maux de la guçrre que de„ nous soumettre”. Dans l’incertitude où l'on étoit de ce que l'on ds-voit craindre, l'ennemi déjà en chemin fixa les irrésolutions. Le Sénat 'ordonna qu’on envoieroit les trois cens otages à Lilybée. On les choisitauílìtôt parmi la jeunesse Carthaginoise, & l’on les conduisit au porc.On ne peut exprimer avec quelle douleur leurs parens & leurs amis lesy suivirent. On n’entendoit que gémissemens & que lamentations, leslarmes couloient de tous les yeux, & les mères éplorées augmentoientinfiniment ce deuil universel par toutes les marques qu’elles donnoientde la tristesse la plus accablante.

Quand ces otages eurent débarqué à Lilybée, on les mit entre lesmains de Q. Fabius Maximus qui alors étoit Préteur en Sicile; & il lesfit passer à Rome, où ils surent tous enfermés dans un même lieu. Du-rant tous ces mouvemens les armées Consulaires abordèrent à Utique.Cette nouvelle portée à Carthage, y jetta l’épouvante. On craignoittous les maux ,parce qu'on ne savoit auxqueîs on devoit s’attendre. DesDéputés se rendirent au camp des Romains pour recevoir les ordres desConsuls, & pour déclarer qu’on étoit prêt d’obéir en tout. 11 se tintun Conseil,où le Consul, après avoir loué leur bonne disposition & leurobéissance, leur ordonna de lui livrer fans fraude & sans délai généra-lement toutes leurs armes. Les Députés y consentirent ; mais ils leprièrent de faire réflexion à quel état ils seroient réduits, s’ils se désai-íissoient de leurs armes, «Sc que les Romains les emportassent avec eux.

II fallut les livrer.

CXLI1I.

Origine de ìa haine des Romains contre les Jchèens.

P

A Leur retour du Péloponèse, Aurelius & ses Collègues rapportè-rent ce qui leur étoit arrivé. Représentant non comme une émo-tion soudaine, mais comme un complot prémédité, le péril où ils a-voient été exposés, ils peignirent avec les couleurs les plus noires laprétendue insulte que les Achéens leur a voient faite. A les entendre, onne pouvoit tirer de ce forfait une vengeance trop éclatante. Le Sénaten parut en effet très-indigné, & députa fur le champ Juiius dansl'Achaïe; mais il étoit chargé de se plaindre modérément, «Sc d’exhor-ter plutôt les Achéens à ne pas prêter l’oreille à de mauvais conseils,de peur que par imprudence ils n'encourussent la disgrâce des Romains,malheur qu’ils pouvoient éviter en punissant eux-mêmes ceux qui les y