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mettre en tête, qu’ils n’a voient parlé avec tant de douceur que parcsque leur République, déja occupée dans deux grandes guerres en Afri-que & en Espagne, craignoit que les Achéens ne fe soulevassent encorecontre elle,& que le tems étoit venu de secouer son joug. Cependanton prit avec les Ambassadeurs des manières assez polies, on -leur ditqu’on envoieroit Théaridas à Rome, qu’ils n’avoient qu’k se rendre àTégée, qu’à traiter là avec les Lacédémoniens Sc les disposer à.la paix.Par cette fourberie on amusa le malheureux peuple que l’ongouvernoit,& on l’associaau téméraire projet qu’on méditoit depuis longtems d’exé-cuter. C’est ce que l’on devoit attendre de l’inhabileté & de la dépra-vation des Chefs,qui achevèrent de perdre la nation d£la maniéré quenons allons dire.
Les Députés Romains furent en effet à'Tégée, amenèrent les La-cédémoniens à s’accommoder avec les Achéens & à suspendre toute ho-stilité, jusqu’à ce que des Commissaires vinssent de Rome pour pacifiertous les différons. Mais la cabale de Critolaiis fit en forte que person-ne, excepté ce Préteur, ne se rendît au Congrès. 11 y arriva lors-qu’on ne l’attendoit presque plus. On conféra avec les Lacédémo-niens, mais Critolaiis ne voulut se relâcher sur rien. 11 dit qu’iì ne luiétoit pas permis de rien décider fans l’aveu de la nation » Sc qu’il rap-portèrent l'affaire dans la Diète générale, qui ne pourroit être convo-quée que dans íix mois. Cette supercherie choqua vivement Julius, qui,après avoir congédié les Lacédémoniens, partit pour Rome, où il dé-peignit Critolaiis comme un homme extravagant & furieux. LesDéputés ne furent pas plutôt sortis du Péloponèse, que Critolaiiscourut de ville en ville, & cela pendant tout l’hiver, & convoquades assemblées, comme pour faire connoître- ce qui avoit été ditaux Lacédémoniens dans les conférences tenues k Tégée, mais dansle fond pour invectiver contre les Romains, & pour donner un tourodieux k tout ce qu’ils disoient, afin d’inspirer contre eux la haineSc l’averfon dont il étoit animé lui-même,& i! n’y réussit que trop. 11défendit de plus aux Juges de poursuivre aucun-Achéen, & de l’em-prifónner pour dettes-juíqu’k la conclusion defassaire commencée entrela Diète & Lacédémone. Par-lk il persuada tout ce qu’il voulut, &disposa la multitude k recevoir avec soumission tous les ordres qu’il ju-geroit k propos-de lui donner. Incapable de faire >des •réflexions fur l’a-venir, elle fe laissa prendre aux amorces du premier avantage qu’il luiproposa.
Métellus aiant appris en Macédoine les troubles dont le Péloponèseétoit agité il y députa C. Papirius, le jeune bcipion LAfriquain, Au-lus Gabinius & C. Failnius, qui arrivés par hazard k Corinthe dans letems que le Conseil y étoit assemblé, parlèrent du moins avec autantde modération que Julius avoit parlé, lis n’épargnérent rien pour em*