4.12 EXEMPLES DE VERTUSétoit son caractère, & à quelle école il avoit été instruit. Car je nepuis souffrir ces Historiens qui nous entretiennent longtems fur uneville, quand on a commencé à la bâtir, par qui & comment elle aété bâtie, où elle est située v ce qui s’y est passé, & qui ne nous di-fèntpas un mot des foins & des peines que se sont données les grandshommes pour se rendre capables du gouvernement. Cependant com-bien tireroit-on plus d’utilité de l’un que de l’autre ? Un édifice nenous présente rien pour notre instruction, rien que nous puissions imi-ter : mais en apprenant les inclinations d’un homme bien né ,nous som-mes portés à nous le proposer pour modèle & à marcher sur ses traces.C’elt pour cela que fi dans une Histoire particulière je n'eusse pas faitconnoître quel étoit Philopœmen,de qui il venoit, & comment il avoitété élevé, je me croirois obligé d’entrer ici dans ce détail: maisparce que dans trois Livres que j’ai consacrés à fa mémoire, fat rappor-té Péducation qu’il avoit reçue & ses actions les plus mémorables, ilnc conviendroit pas que dans. cet Ouvrage je m'arrêtasse sor ses pre-mières années: au lieu que les deux Ouvrages feront dans les régies,fi aax actions qu’il a faites dans la force de l’àge, & que je n’ai indi-quées que sommairement dans le premier, j’ajoute dans celui-ci les par-ticularités que j’ai retranchées dans Pautre. Dans le premier on nenouvoit demander de moi qu’un tableau en racourci & orné de ses ac-tions. C’étoit moins une Histoire qu’un éloge que je m’étois propo-sé. Mais celui-ci est une Histoire, où le blâme & la louange ont éga-lement place, & où par conséquent les faits doivent être vrais, ap-puies de preuves & accompagnés de réflexions. Entrons donc en ma-tière.
Pinlopœmen naquit de parens illustres,il tiroit son origine des famil-les les plus distinguées. 11 eut pour premier maître Cléandre, no-ble Mantinéen, qui avoit droit d’hofpitalité chez. son père, & quiétoit alors banni de fa patrie. Adolescent il se fit disciple d’Ecdé-me & de Démophanes, qui nés l’un & l’autre à Mégalopoles, s’é-toient retirés chez le Philosophe Arcéíilas. Pendant leur fuite, aiantformé une conspiration contre Ariftodéme, ils remirent leur païs enliberté, & furent d’un grand secours à Arams pour délivrer les Sicyo-niens de leur Tyran Nicoclcs. Appelle ensuite par les (Pyrénéens,ils gouvernèrent ce peuple avec beaucoup de sagesse & le maintin-rent en liberté, formé par ces deux Mégalopoìitains, Philopœmenle distingua dès fa jeunesse parmi ses égaux, soit à la chasse, soitdans la guerre, par son ardeur infatigable dans l’une & dans l’autre& par son courage. Dans la maniéré de íè nourrir & de shabiî-sor 'il joignoit un grand arrangement k une grande frugalité. 11 a-voit appris de ses maîtres qu’un homme négligent dans ce qui le re-garde personnellement, est incapable de bien gouverner les affaires