430 E X E M P L E S DE VERTUSa la suite du Roi deux de ses fils, &, il n’y en a qu’un qui Tait ac-compagné.
Comment se peut-il encore faire que Scopas soit sorti le premier &le dernier du combat? Si nous en croions notre Historien, ce Géné-ral n’eut pas plutôt vû la cavalerie conduite par le jeune Antiochus fon-dre, au retour de h poursuite des fuiards, sur les derrières de la pha-lange, que désespérant de vaincre, il fit retraite. Cependant il nousdit dans un autre endroit que Scopas volant la phalange enveloppée parles éléphans & par la cavalerie, il crut la bataille perdue & se retira.Quelle confusion ne doivent pas faire à des Historiens des fautes fi pal-pables , des contradictions fi manifestes !
Concluons donc, qu’il faut faire tous ses efforts pour exceller dansRoutes les parties de f Histoire, cette ambition est digne d’un honnêtehomme: mais que íì cela ne se peut pas, Ton doit Rappliquer princi-palement aux parties les plus importantes & les plus nécessaires. Je don-ne cet avis, parce que je vois que dans les autres arts & dans les scien-ces, comme dans f Histoire, Ton néglige le vrai & futile, & qu’on nerecherche que le brillant & ce qui flatte f imagination. On loue cessortes de productions, on les admire. Ce font pourtant celles quicoûtent le moins , & qui font le moins d’honneur. J’en atteste lespeintres.
A u reste à fégard des fautes de Géographie que nous venons de re-lever, comme elles fautoient aux yeux, j’en ai écrit à Zénon même;car il n'est pas d’un galant homme de tirer avantage des fautes d’autrui,pour se faire de la réputation à fes dépens. Celt'cependant un procé-dé assez ordinaire. Mais loin d’en agir ains, je crois qu’en vue defutilité publique nous devons, autant qu’il est possible, non seulementtravailler nos Ouvrages avec soin , mais encore aider aux autres àrectifier les leurs. Par malheur cet Historien reçut ma Lettre trop tard.L’Hiftoire étoit déja répandue dans le public. II n’étoit plus possibled’y rien changer, il en fut au désespoir, mais du reste il prit en tres-bonne part les avis que j’avois pris la liberté de lui donner. Je prieceux qui dans la fuite me liront de tenir la mème conduite à monégard. S’ils s’apperçoivent que j’aie quelque part menti à dessein oudissimulé la vérité la connoissant, qu’ils me condamnent fans miséri-corde; mais íi ie n’ai manqué que faute ssavoir été assez instruit decertaines choses, je leur demande grâce. Dans un Ouvrage íi vaste &qui embrasse tant de choses, il n’èit pas aisé d’ètre également exact entout.