ET DE VICES.
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le vieillard Myrton, son fils Nicanor, & plusieurs autres hommes gra-ves, amis des’Romains & qui jusque-là irréprochables s’étoient prê-tés je ne íçai comment à ses injustices. Appuie de ces suffrages, aprèsavoir fait mourir beaucoup de personnes, les uns en plein marché, lesautres dans leurs maisons, quelques-uns dans la campagne & fur lesgrands chemins, & avoir pris leurs biens, il s’avisa a’un autre strata-gème. 11 proscrivit tous les exilés tant hommes que femmes qui étoientriches, & la terreur ainsi répandue, il tira des hommes & fit tirer desfemmes par Philotides fa mere tout l’argent qu’il put. Car cette Phi-lotides, du côté de la douceur & de la compassion, n’avoit rien despersonnes de son sexe. Ces malheureux n’en furent pas quittes pourla perte de leur argent : on ne laissa pas malgré cela-que de les dénon-cer au peuple, & de leur faire le procès, & l'on trouva des Juges quipar foiblesse ou par surprise les condamnèrent non au bannissement,mais à la mort, comme coupables de n’avoir point été pour les Ro-mains. 11s avoient tous pris la fuite, pour se sauver, lorsque Charopebien fourni d'argent & accompagné de Myrton partit pour se rendreà Rome & y faire ratifier par îe Sénat ses injustes procédés. Mais lesRomains donnèrent alors une belle preuve de leur équité & un specta-cle bien agréable à tous les Grecs qui étoient alors à Rome, & surtoutà ceux d’entre eux qui avoient été évoqués dans la ville. Car MarcusyRmilius Lépidus grand Prêtre & Prince du Sénat & Paul Emile, levainqueur de Persée, homme puissant & d’un grand crédit, informésde ce que Charope avoit fait dans l'Epire, lui défendirent de mettrele pied dans leurs maisons. Cette défense devenue bientôt publiquefit un extrême plaisir à tout ce qu’il y avoit alors de Grecs dansRome. ils furent charmés de voir la haine que les Romains témoi-gnoient pour les médians. Quelque tems après Charope entra dansle Sénat, mais ni l’on ne lui donna place parmi les personnes dis-tinguées, ni l’on ne lui rendit de réponlè. On dit simplement qu’ondonneroit des ordres aux Députés qu’on envoieroit fur les lieux. Mal-gré une réception si disgracieuse, Charope, au sortir du Sénat,nelais-là pas que d’écrire dans son pais que les Romains avoient approuvétout ce qu’il avoit fait.
L X X V.
Euméne.
C E Prince avoit le corps foible & délicat, l’ame grande & pleinedes plus nobles fentimens. II ne cédoit en rien aux Rois de son
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Nan