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Supplement a l' histoire de Polybe.
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VII
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PREFACE. tu

incertain, fur le sort, de mon Livre , j’en ai même toùt à craindre.

La hardiesse que f ai euë de m’écarter des routes ordinaires, & d’en.vouloir ouvrir de nouvelles, révoltera les zélateurs des usages univer-sellement reçus. Soit entêtement pour les anciennes opinions ; foit cha-grin de n’être pas soi-même Fauteur d’un nouveau syftêrae, ou commel’on dit, jalousie de métier, on ne manque guére de se déchaîner con-tre une homme qui innove. On pardonne, aux opinions, on ne pardon-ne pas à celui qui les propose. On reçoit dans le fond du cœur ce qu’ilavance , on le défendrait si on Favoit pensé, ou proposé soi même;mais parce que c’estun autre qui en est auteur, onl’attaque. C’eftcequ’on .a vû arriver de tout tems, «Sc fur tout dans le siécle passé, qu’on peutappeller le siécle des innovations dans les Arts «Sc dans les Sciences,comme celui-ci l’est de Foubli, du moins à Fégard de celle de la guerre.

Aristote étoit un grand Philosophe; un autre est venu plus de deuxmille ans après lui, qui a fait voir par la raison «Sc par Inexpérience qu-Aristote s’étoit trompé; faut-il étouffer le grand homme * qui nous a* Défia*ouvert les yeux ?

Le fameux Anglóis qui s’avisa le premier de dire que le sang circu-it dans les veines, s’attira tous les vieux Médecins de son tems. II sevit traiter d’ignorant, de visionnaire, de chimérique, de ridicule, defou ; on alla même par le moyen du syllogisme de conséquence en con-séquence, jufqu’à le trouver hérétique, comme il esi arrivé à,Mr. Des*cartes, car la colere & la prévention dérangent terriblement la dialec-tique. 11 nfeíl arrivé quelque chose d’aprochant : il est vrai que Fhéré-sie n’en a pas été, (les gens de guerre ne font pas si habiles Logiciensque les Médecins,) mais à cela près je n’ai pas été mieux traité quellarvé à Fafpect du projet de mon entreprise. Cependant ce projet étoità peine une idée de celui que je donne aujourd’hui au public dans laDissertation qui fait la tête de cet Ouvrage. C’est maintenant que l’onpeut raisonner «Sc critiquer FAuteur sur ses opinions & fur son systè-me, & juger même de sa capacité dans les connoissances indépendan-tes de ses principes militaires. On y trouvera nombre de questions cu-rieuses , de choses nouvelles, d’exemples & de citations. On s’ima-rinera peut-être que ces différens détachemens m’écateront de monsujet en occupant trop Fesprit. Nullement; les uns.comme les autrescontiennent des preuves pour fortifier mes opinions;, d’ailleurs je neme fais pas une affaire d’être attaqué par cet endroit-là.

Ceux qui aiment la critique auront dequoi se satisfaire, le moyende s’en empêcher ; on peut bien juger qu’un Ouvrage comme celui-ci,qui roule en partie fur Fantiquité militaire, nous y conduit nécessaire-ment * J’attaque les morts, & comme ceux-ci ne sentent rien, je nepenle pas qu’ils s’en fâchent; «Sc quant aux vivans, ils ne s’en fâche-ront pas non plus ; ils ne se croyent pas infaillibles, ils font hommes

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