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Supplement a l' histoire de Polybe.
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XII
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xii PREFACE.

me condamner je les íiiplie de considérer, que la guerre est fa choie dìr'monde la plus sèche quant au dogme; il faut de la variété, des digres-sions, à des faits pour en ôter la sécheresse. Xénophon l'a si bien com-pris, qu’il a voulu traiter cette science de la maniéré d u. monde la plusingénieuse & la plus agréable dans son Histoire de-Cyrus.: car il nous :donne dans cette Histoire un cours abrégé de science militaire; méthodeexcellente & que j’aurois imitée,, si la nature de mon grand Ouvrage mel’eût permis. A l’égard de ma Dissertation fur Polybe, il étoit presque-impossible d’observer un certain ordre,. & de ne pas interrompre quel-quefois la marche & changer fa disposition, selon la diversité des matiè-res qui nous y contraignent. Je fuis même persuadé que cette diversité*plaira davantage qu’un discours suivi & uniforme. Rien n’ennuie & nelasse plus que de marcher dans un païs où le terrain est toujous le mê-me; & où Ton volt fans cesse les mêmes objets. Je crois qu’on mourroitd’ennui fur mer, si Ton ne voyoit de tems en tems des poissons & desoiseaux de differente espece, & si. les vents ne nous obligeoint quel-quefois de relâcher aux endroits où nqus n’avons pas dessein d’aller, quine laissent pas de nous plaire », & de nous délasser des fatigués duvoyage.

Quant au style, je le dis dans ma Dissertation, & le répété enco-re ici, c’eit au Lecteur d’en juger, de Je goûter ou de s’en plain-dre ; je ne préviendrai pas son jugement par des justifications en-nuyeuses, & encore plus inutiles; on prend trop de plaisir à rele-ver les fautes d’un Auteur, pour croire qu’on m’excuse dans lesmiennes. Je ne pense pourtant pas qu’on veuille exiger de moique j’écrive avec cette exactitude , cette correction & cette élégan-ce des Ablancourts, des Fontanelles, des_Vertots, des la Mottes,,des Sacys, & de quelques autres Académiciens morts ou en vie, &d’une infinité d’autres qui les valent bien, & qui ne sont pas moinsillustres pour n’être pas de leur corpscela ne seroit pas juste; &il est juste d’exiger beaucoup moins de moi. De la profession que-je fuis, f ai une espece de droit acquis de pécher impunément contre laGrammaire: la politesse du langage est un talent fort estimable; maisaprès tout, c’est de tous les talens celui dont on doit tenir le moins de*compte à un homme de guerre quand il fa., & qu’on doit le moins troue "yer à dire quand il ne fa pas,

KOUr