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Supplement a l' histoire de Polybe.
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32 SUPPLEMENT A L" HISTOIRE

reçû de tous lesSavans. II n’y a pas, ce me íèmble, de meilleur moyen, que de laisser les raifonnemens, quelques sensés qu’ils puissent ê-tre, & les preuves équivoques-, pour venir à la démonstration. Je latrouve dans un fragment de Polybe fur le siège d’Eg'ne par Philippe.Cest-là que l'on découvre clairement les aproches des anciens depuis lecamp juíqu’à leurs batteries, non par des lignes blindées, ni par desmadriers de terre , mais par des tranchées dans les formes. N’ai-je paslieu de me glorifier de cette découverte ? Puisque Lipfe , qui cite partout Polybe, & des passages entiers, qui s’étoit fait une étude de re-cherche de cet Auteur, ne s”est pas appercû que les tranchées étoienten usage chez les anciens. Je me ferois conscience de ne pas rappor-ter la traduction de ce reste précieux d'tin siège si mémorable, elle estclaire dans le savant Bénédictin qui traduit mon Auteur, parce qu’il fàsert de termes équivalons au texte, fans être trop hardi. Je fuis per-suadé que les intelligens, & les gens qui aiment la guerre tn’en saurontquelque gré. Nous y ferons quelques remarques tirées de mes obser-vations íur ce siège, avant que de passer à ce qui me reste à dire dtfprojet de cet Ouvrage.

,, Le dessein pris de faire Pattaque de la Ville par les deux Tours,Philippe fit mettre devant chacune une Tortuë (a) &íun Belierv.

duix.liv . 1 TVnr*

de Polybe ^

JurleJìége (a) [ Philippe fit mettre devant chacune uned'figine, l'onuë & un Belier.] . Parle mort de Tortue,on comprend une galerie mobile & ambulante,

L quelquefois plusieurs jointes ensemble à laqueuë l’une de l'autre, qui servoient pour lecomblement du sosie, & pour allèr jusqu'àupied du rempart. Elies avoient différens noms,selon leur grandeur, leur petitesse, leur solidi-té, & leurs différens usages . comme cela sevolt dans Vitruve. On se servoit de la vìneapour les íleges, oìi l'on ne s’atteiîdoit pas detrouver grande résistance. La charpente en ê-toit legére, afin qu'on pût la mener avec faci-lité. l.e comble devoir être pointu ou rondpour que les pierres , ou les artifices qu’on jet-toit dessus coulassent en bas ; car fans cela elle.eût couru risque d être cre vée &'écrasée. El-le étoit couverte de c lapes enduites de terregrasse, fur lesquelles on,étendoit des peaux decuir crû contre le danger du feu. Ces fortesde machines no servoient guéres que pour lecomblement du fossé; il étoit rare qu’on lesapprocbí.t jusqu’àu pied de la muraille. Vegeccse trompe de n attribuer le nom de Tortue qu ace qui renferme le Belier, le contraire íe voltdans tous les Auteurs qui on: écrit de, sontem5 , comme dans ks Auteurs plus an-ciens.

Le Moscule , ou le Rat étoit une petiteTortuë fort aisée à remuer, & soutenue sansdoute 'fur quatre roues,. fous laquelle les tra-vailleurs à couvert perfectionnoienc l’ouvrage,

battoient & régaloient les terres pour le passa-*ge d’une grande Tortue , & construite d’une.grosse charpente, couverte de madriers & d’uradoublage de clayes , & par dessus de peaux-crues pour. la garentir du feu. Une machinerconstruite, de la forte étoit capable de résistercontre le poids énorme des pierres & des pou-tres qu’on jettoit du haut des murailles pour Iíi>crever & en enfoncer les combles; elle étoit,soutenue fur plusieurs rués fort busses, ou furdtrs rouleaux. Sous celles-ci les Soldats sup-posent la muraille, qu’ils étançonnoiont a-,près tn avoir enduit les étançons de matièrescombustibles & de bois goudronnés, ils y met-toieut le feu pour faire crouller le mur.

L’insantcrie Romaine étoit dressée à former,une maniéré-de Tortue 1 , dont les Grecs igno-roient l’usage,.elleme paroit remarquable. Jene sai qui en fut l’invéateur. On s’en servitd’abord dans í’efcalade & I’insulte des places,& des camps retranchés. II y en avoit de deuxsortes , la simple & lu surmontée. Je vais en.donner I’expiication.

Une cohorte , ou plusieurs ensemble, mar-choient droit aux murailles de la Ville, lors-qu’ellcs n'écoient pas fort élevées, les rangs,ix Its files tellement ferrés & condensés qu’Tpeine les Soldats pou voient ils se remuer. 11*.avoient tous leurs boucliers fur la tête, ex-cepté ceux des stancs & de tête qui se courvroient de leurs boucliers » contre les coupaqulon auroit pst leur tiret de tête ou de flanc.

Ce