4;6 HISTOIRE DES GUERRES
vint enfin à terminer saffaire de la Royauté , c’est-à-díre jIienri IV. f e i 011 } J a double élection de l’Iníante ôc du Duc del,?3 ’ Guise en qualité de Roi ôc de Reine de France. II tâchoitauilì d’inspirer les mêmes sentimens à Rome ^ par des let-tres fréquentes , où fa partialité n'éclatoit que trop ; maisle Pape étoit d’une prudence trop consommée , pour s’enrapporter aveuglément à ce que lui marquoit son Légat.Informé de tous les détails par les Ambassadeurs de Ve-nise ôc de Toscane , il n’approuvoit ni sélection de Tin-santé ni le mariage du Duc de Guise : au contraire > voyant-que saffaire par elle-même rencontroit tant de difficultésôc d’obstacles, il la jugeoit impossible & chimérique. Ainffiil ne se soucioit pas de se déclarer, ôc feignoit seulementd’y donner les mains, de peur d’indisposer le Roi d’Es-pagne , avec lequel il sentoit qu’il falloir être en bonneintelligence, pour ne pas précipiter dans quelque dangerles affaires de l’Eglise ôc de la Religion. 11 auroit sou-haité , dès le commencement, q u'on élut un des Princesde la Maison de Bourbon, qui fût vraiment Catholique ,ôc avoit pris différentes voies , pour notifier ses intentionsà ses Ministres. II auroit jugé à propos qu’on mariât cePrince à Tintante, parceque sélection d'un Prince du Sangauroit réunis en un seul corps tous les Catholiques de.France , ôc que son alliance avec le Roi Catholique luiauroit assuré les secours d’Espagne, sans que le Royaumerisquât de tomber entre les mains des Etrangers, ni que.la Religion pût y 'être opprimée par les Huguenots. Parces mêmes raisons il désapprouvoit sélection du Duc deGuise , jugeant que les Catholiques du parti du Roi neconsentiroient jamais à le reconnoître , ni à lui obéir, ÔCque ce seroit le moyen d’éterniser la guerre ; que Tail-leurs Philippe II n'accorderoit jamais fa fille à un Princefans finances , fans partisans , fans troupes, au risque den’en faire jamais une Reine que de nom. D’aiileurs onprévoyoit qu’une élection si odieuse aux François, ne seroitqu’augmenter le nombre des partisans d u» Roi de Navarreôc souleveroit en sa faveur plus de Villes en un jour, qu’ii.n’en pourroit conquérir les armes à la main pendant toutg