CIVILES DE FRANCE. Liv. XV. i 3 ipour les Etats de Hollande. Ces Puissances, après avoir fait - 1tout ce qui- dépendoit d’elles , pour empêcher la paix, se
plaignirent du Roi, de ce que , dans l’alliance qu’il avoit-——-
conclue avec elle Tannée précédente , il leur avoit promisde ne point traiter fans elles, & elles refusèrent d’accéderau Traité, ni de faire jamais la paix avec l’Espagne.
II ne restoit plus que Tarticle concernant le Duc de Sa-voye , qui pensa faire rompre le Traité au moment de laconclusion. Le Marquis de Lullin son Ambassadeur, ayantété admis aux conférences, déclara que dès Tannée précé-dente, le Président de Sillery , l’un des PlénipotentiairesFrançois avoit entamé un Traité avec le Duc , auquel leRoi avoit permis de tenir le Marquisat de Saluces en Fiefde la Couronne. Le Président répondit qu'à la vérité le Roiy avoit consenti, mais dans un temps où l’état des affairesTengageoit à détacher le Duc du Roi d’Espagne, à quelque ^por/au**prix que ce fut, & que le Marquis n’ignoroit pas qu'à cette Duc d« Sa--condition, on en avoit a jouté d’autres qu’il passoit fous 11- voye *lence, pour ne pas brouiller ensemble des Puissances amies:voulant donner à entendre, que le Duc en retenant le Mar-quisat de Saluces, auroitaidé le Roi dans la conquête duMilanez. Les contestations furent très-vives,& tout fembloitrompu, lorsque le Général de TOrdre de S. François ayantété trouver le Roi, ôt Jean-Baptiste Taxis s’étant rendu au-près de T Archiduc, ils revinrent peu de jours après, & Tonconvint que le Duc & le Roi demeureroient en possessionde ce qu’ils ayoient alors , & que les différends concer-nant le Marquisat de Saluces, feroient remis à l’arbitragedu Pape , qui porte roi t son jugement dans Tefpace d’uneannée, après laquelle, on fe rendroit tout ce qu’on avoitpris de part & d’autre. Le Marquis ne voulut pas consentirque le Roi gardât la Vallée de Morienne, & refusa designer le Traité , sans avoir de nouveaux ordres de sonMaître, & il n’étoit pas d’un caractère à accorder aisémentcet article ; mais un heureux hasard leva encore cet obsta-cle ; car le Duc reconquit, vers ce temps-là, le païs deMorienne. Après avoir tué bien du monde à Lesdiguieres,qui de son côté, prit un fort construit par le Duc aux en-