PREFACE
DELA
PREMIERE EDITION.
E quinzième Siécle est distingué par plusieurs ca-ractères , bien dignes de l’attention du Public.Les Sciences commencerent alors à se relever duprofond oubli où elles étoient tombées par la bar-barie des Siécles précedens. Un grand nombred’habiles Grecs ayant apporté leur Langue en Eu-rope y firent en même tems renaître le goût des Belles Lettres, quipar le secours de Tímprimerie, jusqu’alors inconnue, sc répanditpar tout avec une facilité toute nouvelle.
II. Le monde devenant plus éclairé il y avoit lieu d’esperer quel’Eglisc, enveloppée depuis long-tems dans la corruption générale,& déchirée actuellement par le Schisme le plus violent & le plusopiniâtre qui fut jamais, se ressentirait d’une conjoncture que l’onpouvoit regarder comme une efpéce de crise dans une grande mala-die. En effet on convoqua plusieurs Conciles Généraux pour tra-vailler à l’unir & à la reformer, comme celui de Pise, celui de Cons-tance , 6c celui de Baie, fans parler des Conciles de Ferrare & dcFlorence.
III. On ne peut regarder ce qui se passa au Concile de Pise quecomme une foible ébauche de Réformation. 11 ne dura que quatremois, & quelques jours, ce qui fans doute n’étoit pas un terme pro-portionné aux grandes vues de fa convocation. 11 est vrai qu’en cepeu de tems on y expédia des affaires fort importantes. On y dépo-sa deux Papes, on en élut un, on y fit quelques Réglemens qui pou-voient aller au soulagement public. Mais tout cela ne fut suivi d’au-cun effet. Alexandre Z 7 , qui y fut élû, ne voulut rien exécuter dece qu’il avoit promis, & les Papes déposez ne s’en tinrent pas au ju-gement d’un Concile fur l’autorité duquel il pouvoit y avoir en effetdes scrupules allez bien fondez. II n’avoit été assemblé que par ceuxdes Cardinaux de Benoît XIII , & de Grégoire XII. qui s’étoient dé-tachez de leur Obédience. Plusieurs Rois 6c plusieurs Princes a-voient, à la vérité, consenti à sa convocation, 6c y avoient mêmeenvoyé leurs Ambassadeurs. Mais l’Empereur Robert, qui, en qua-lité de Protecteur de VEglise , devoit être le premier Mobile de cetteAísemblée, protesta comme de nullité contre tout ce qu’elle déci-derait. Aussi, ce Concile fut-il regardé comme nul non-íeulement
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